Alzheimer n'est pas une fatalité

Un million de malades en France, et derrière chacun d'eux, deux à trois proches dont la vie est bouleversée. Alzheimer fait peur ! À juste titre. Pourtant, selon le Dr Jean-Paul Curtay, médecin nutritionniste et fondateur de la nutrithérapie, l'immense majorité des cas est évitable. Dans son livre Vous n'aurez pas Alzheimer, il retrace les mécanismes de la maladie et les leviers concrets pour s'en protéger. Rencontre avec un chercheur qui refuse de baisser les bras.

Comprendre : Alzheimer, une maladie qu'on fabrique

Ce n'est pas la vieillesse, c'est l'inflammation

Alzheimer n'est pas simplement « vieillir ». C'est vieillir mal , c'est-à-dire vieillir sous l'effet d'une corrosion silencieuse, progressive, alimentée par notre mode de vie. Et cette distinction change tout !

La maladie appartient à la grande famille des pathologies dégénératives, celles qui augmentent avec l'âge, comme l'arthrose, les maladies cardiovasculaires, les cancers ou la DMLA. Toutes partagent un même socle biochimique : une dégradation lente de nos cellules et de notre ADN, produite par quatre grands mécanismes.

Le premier est le stress oxydatif : à chaque instant, nos cellules brûlent des calories dans de minuscules centrales énergétiques, les mitochondries, et libèrent en sous-produit des radicaux libres, des molécules instables qui endommagent les structures cellulaires en chaîne. Selon les experts, nous produisons près de deux kilos de ces radicaux libres par an. Dès qu'ils percutent la première molécule venue, ils l'endommagent et déclenchent une réaction en cascade.

Le deuxième mécanisme est l'inflammation chronique, désormais reconnue comme dimension centrale d'Alzheimer. Elle est étroitement liée au stress oxydatif, les deux s’amplifient mutuellement. Certains aliments mettent directement le feu à ce processus : la viande, le sucre raffiné, les produits ultra-transformés contiennent des composés qui, une fois dans l'organisme, agissent comme un accélérateur d'inflammation. À l'inverse, d'autres aliments, les légumes, les épices comme le curcuma, l’huile d’olive vierge, le thé vert, … ont un effet naturellement apaisant sur ce feu intérieur.

Le troisième est la pollution extérieure : plusieurs centaines de milliers de polluants auxquels nous sommes exposés quotidiennement via l'air, l'eau, les vêtements, les aliments non biologiques, et dont la majorité sont pro-inflammatoires. Une étude européenne récente révèle qu'un quart des objets vendus sur le marché contiennent des substances illégales : métaux lourds, perturbateurs endocriniens, et autres composés toxiques.

Le quatrième mécanisme, découvert plus récemment, est l'accumulation de cellules sénescentes. Avec l'âge, certaines de nos cellules dont l'ADN est trop abîmé cessent de fonctionner normalement, c'est en réalité une défense naturelle de l'organisme contre le cancer, pour éviter que ces cellules endommagées ne se multiplient. Mais au lieu de disparaître, elles restent sur place et se mettent à sécréter des substances toxiques qui endommagent les cellules voisines, alimentent l'inflammation et accélèrent le vieillissement des tissus. C'est en grande partie à cause d'elles que notre peau se relâche avec l'âge, que notre immunité s'érode, que nos neurones s'appauvrissent.

Ce que la recherche a mis des décennies à admettre, Jean-Paul Curtay le dit clairement : « La génétique est quasi inexistante dans Alzheimer. C'est 3 % des cas. On peut changer l'alimentation, le mode de vie, réduire sa pollution, se protéger. » Autrement dit : 97 % des cas ne relèvent pas du destin. C'est une nouvelle qui devrait faire la une de tous les journaux , et qui reste pourtant trop peu connue !

La maladie s'installe dix ans avant les premiers symptômes

C'est l'un des points les plus importants, et les plus méconnus, concernant Alzheimer : quand les premiers troubles de mémoire apparaissent, les dégâts sont déjà installés depuis au moins une décennie. Les neurones mal nourris, moins capables de fabriquer des synapses et de se réparer, ont commencé à décliner bien avant que le quotidien s'en ressente. L'imagerie cérébrale permet aujourd'hui de visualiser cette baisse de nutrition neuronale longtemps en amont du diagnostic : quand on prononce un mot, une aire cérébrale s'allume parce que les neurones mobilisent de l'énergie pour traiter l'information. Or des baisses de débit cérébral sanguin, des mauvaises gestions du sucre, de l’inflammation, un mauvais sommeil, des polluants endommagent les centrales énergétiques des neurones, les mitochondries et l’imagerie cérébrale peut observer plus d’une dizaine d’année avant le déclin cognitif (altérations de la mémoire en particulier) et les autres symptômes et signes de la maladie d’Alzheimer sang une réduction des capacités énergétiques des neurones.

C'est pourquoi attendre les symptômes pour réagir revient à arriver trop tard. La prévention, elle, commence maintenant, quel que soit l'âge. Un neurologue de l'université de Californie à Los Angeles a tout de même documenté des cas de réversion partielle à des stades débutants de la maladie, lorsqu'un protocole global est mis en place suffisamment tôt. Ce protocole repose sur des gestes concrets : mieux dormir, réduire les protéines animales, privilégier les végétaux et les épices anti-inflammatoires, corriger des carences en vitamines et en minéraux, des baisses d’hormones (la DHEA montrée neuroprotectrice par le Pr Emile-Etienne Beaulieu qui a été président de l’Académie des Sciences), utiliser des compléments neuroprotecteurs, bouger régulièrement, limiter l'exposition aux polluants. Rien d'extraordinaire, mais une cohérence d'ensemble qui change tout. Ce n'est pas un miracle. C'est la démonstration que le cerveau, à condition d'être correctement soutenu, conserve une capacité de récupération réelle.

Agir : ce que vous mangez et comment vous dormez construit ou détruit votre cerveau

Le sommeil, première médecine du cerveau

Avant même de parler d'alimentation, Jean-Paul Curtay pose un fondement souvent négligé : le sommeil. « On ne peut pas guérir de quoi que ce soit sans bien dormir. » Cette affirmation n'a rien d'une métaphore, elle repose sur une réalité biologique précise.

C'est la nuit, pendant le sommeil profond, que le cerveau effectue ses opérations de maintenance essentielles : réparation de l'ADN, élimination des protéines endommagées, celles-là mêmes qui s'accumulent dans la maladie d'Alzheimer, multiplication des mitochondries, renforcement immunitaire, renouvellement cellulaire, lutte contre l’inflammation et les toxiques. Le système glymphatique, ce réseau de drainage propre au cerveau, actif principalement durant le sommeil profond, douche le cerveau des protéines pathogènes accumulées dans la journée. C’est aussi la nuit, quand l’énergie est disponible (car non mobilisée ni pour bouger ni pour penser, que peuvent être multipliées les connexions entre neurones, les synapses, et les neurones de l’hippocampe, essentiels à la mémorisation et à l’orientation. Dormir peu ou mal, c'est compromettre ce nettoyage nocturne et laisser s'accumuler les protéines déformées (prions) qui se diffusent de manière infectieuse de neurone à neurone, que l'on retrouve dans les cerveaux des personnes affectées par la maladie d’Alzheimer.

Quelques leviers concrets pour protéger ce sommeil : éviter les protéines animales le soir, qui créent un pic inflammatoire perturbateur ; maintenir une chambre fraîche, car le corps doit abaisser sa température d'environ un degré pour bien dormir ; supprimer la lumière bleue des écrans après 17-18 h grâce à des applications comme F.LUX, qui filtre automatiquement cette lumière inhibant la sécrétion de mélatonine. En une génération, les adolescents ont perdu deux heures de sommeil par nuit, en grande partie à cause des écrans. Les adultes ne sont pas en reste.

Les somnifères, benzodiazépines notamment, ne sont pas une solution durable : ils modifient l'architecture du sommeil sans en reproduire la qualité naturelle. Un insomniaque qui prend des somnifères se croit protégé, il ne l'est pas. Et une erreur fréquente aggrave encore le problème : se lever tard pour « récupérer » après une mauvaise nuit. C'est contre-productif. Se lever à heure fixe, même fatigué, crée une dette de sommeil qui favorise une meilleure récupération la nuit suivante. Parfois, sans le vouloir, on entretient le problème au lieu de le résoudre. Et bien se dépenser physiquement et intellectuellement pendant la journée est un excellent inducteur de sommeil réparateur.

L'alimentation anti-inflammatoire : ce qui protège, ce qui détruit

Sur le plan nutritionnel, Jean-Paul Curtay pose un principe directeur : plus on mange, plus on produit de radicaux libres et d'inflammation. Ce constat fonde l'intérêt du jeûne intermittent, non pas le jeûne strict et ponctuel, mais une restriction quotidienne de la fenêtre alimentaire à huit heures environ. En pratique : sauter le petit-déjeuner, prendre un brunch vers 11-12 h, dîner tôt et légèrement, sans protéines animales. Cette seule habitude réduit le stress oxydatif, abaisse l'inflammation et limite la glycation, le blocage des protéines fonctionnelles par l'excès de sucre circulant, qui accélère le vieillissement cellulaire et fragilise les défenses immunitaires. Les femmes qui pratiquent le jeûne intermittent font statistiquement moins de cancer du sein. Les bénéfices documentés sont nombreux et solides.

Sur les aliments eux-mêmes, les grandes lignes sont les suivantes :

  • Réduire les protéines animales. La recommandation des autorités de santé publique recommande 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel. Nous en consommons en moyenne le double, dont 70 % d'origine animale. Or les protéines sont la catégorie la plus génératrice de stress oxydatif et d'inflammation et la relation est presque proportionnelle : plus on en consomme tout au long de sa vie, plus le risque de maladies dégénératives augmente. Contre toute idée reçue, le poulet est encore plus inflammatoire que la viande rouge : cuit, il libère des endotoxines bactériennes particulièrement problématiques. La viande rouge reste utile pour son apport en fer surtout pour les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes à raison d'une fois par semaine, à midi, non carbonisée. Après la ménopause, et pour les hommes, ce besoin disparaît presque entièrement.
  • Miser sur les légumineuses et les céréales sans gluten. Lentilles, haricots, pois cassés, fèves, lupin : les légumineuses sont un pilier de l'alimentation anti-âge, riches en protéines végétales et en fibres prébiotiques qui nourrissent un microbiome sain. L'Unesco a d'ailleurs consacré une année entière à leur promotion, signe que le consensus scientifique est là. Le gluten, même chez les personnes non cœliaques, augmente la production de zonuline, une protéine qui altère la perméabilité intestinale et entretient une inflammation chronique de bas bruit. Le riz, le quinoa, le sarrasin et les graines de chia associées aux légumineuses ou au soja (tofu soyeux, tofu fermenté à tartiner, tempeh d’Okora…) constituent des alternatives largement suffisantes au quotidien.
  • Rééquilibrer les graisses. Les oméga-3 sont anti-inflammatoires ; les saturées (beurre, fromages, produits contenant de l’huile de palme), les trans (dans les margarines et les produits industriels), les oméga-6 (huiles de tournesol, de maïs, de pépins de raisins…), sont pro-inflammatoires. Notre alimentation moderne est en déséquilibre massif vers les oméga-6, un rapport qui devrait être de 4 pour 1, mais qui est en moyenne trois à quatre fois supérieur. Pour corriger cela, le Dr Curtay conseille une huile maison : deux tiers d'huile de lin mélangés à un tiers d'huile d'olive vierge, conservés dans un flacon en verre au réfrigérateur, utilisés crus à raison de deux cuillères à soupe par jour. Jamais dans du plastique, les plastifiants migrent dans les graisses et se retrouvent dans le sang, puis dans les organes.
  • Remplacer le sel par des épices. Le sel favorise l'hypertension, elle-même facteur de risque d'Alzheimer, stimule les globules blancs pro-inflammatoires, et facilite l'absorption du glucose, contribuant au surpoids. L'industrie agroalimentaire en abuse précisément parce qu'il rend les aliments addictifs et promeut la consommation de sodas. La recette anti-inflammatoire proposée par le Dr Curtay : moitié curcuma, moitié gingembre (bio, car les racines concentrent les polluants), avec une pincée de clou de girofle, puissamment anti-inflammatoire et antalgique. On peut compléter avec de la poudre d'ail, de piment de Cayenne si l’on aime épicé, ou d'autres aromates selon les goûts. Le passage de la salière à ce mélange est l'un des changements les plus simples et les plus efficaces que l'on puisse faire.
  • Charger en polyphénols. Thé vert, thé vert matcha, fruits rouges, myrtilles, grenade, chocolat noir, amandes complètes, betterave, artichauts, oignons… : autant d'aliments riches en molécules protectrices que les plantes synthétisent pour se défendre et que notre organisme utilise pour stimuler ses propres défendes contre tous les stress. Une boisson matinale associant un tiers de jus de grenade, un tiers de jus de myrtille et un tiers de jus de betterave offre un concentré remarquable de polyphénols et de prébiotiques, idéale pour y dissoudre d'éventuels compléments en poudre, comme le magnésium.

Aller plus loin : ce que la médecine ne dit pas encore assez

Le COVID long, angle mort de la prévention cérébrale

Parmi les signaux récents que le discours médical grand public tarde à intégrer, Jean-Paul Curtay pointe le COVID long comme facteur d'accélération du risque Alzheimer. L'infection à SARS-CoV-2 provoque une neuro-inflammation documentée, dont les effets sur le cerveau, perte de l’odorat, brouillard mental, troubles cognitifs, fatigue, anxiété, dépression…peuvent persister bien au-delà de la phase aiguë. « Le COVID long est un facteur majeur d'augmentation des risques d'Alzheimer », avertit-il. Dans quelques années, cette neuro-inflammation silencieuse commencera à peser lourd dans les statistiques, comme le montrent déjà de nombreuses études. Rien qu’en France les spécialistes estiment qu’il faut compter un minimum de 2 millions de personnes concernées par le Covid long.

Combiné à la pression des polluants, des perturbateurs endocriniens et des microplastiques, retrouvés désormais dans tous les organes, y compris le cerveau, lors d'autopsies de jeunes adultes décédés accidentellement, ce facteur représente un accélérateur de plus de neuro-dégénérescence.

La voiture laissée au soleil libère des phtalates issus du plastique du tableau de bord et des intérieurs : y pénétrer sans aérer d'abord, c'est inhaler un cocktail de perturbateurs endocriniens qui passe directement dans le sang et jusqu'au cerveau. Le plastique chauffé au micro-ondes produit le même phénomène en version concentrée. Ces détails semblent anecdotiques. Ils ne le sont pas. C'est leur accumulation quotidienne, sur des décennies, qui fait la différence !

Compléments : ce qui marche, ce qui ne marche pas

Le Dr Curtay fait un tri sans concession entre ce qui est validé et ce qui relève de l'effet de mode. Le collagène alimentaire, massivement commercialisé, est digéré comme n'importe quelle protéine : il n'a aucun effet spécifique sur la synthèse de collagène endogène, qui dépend avant tout d'un apport suffisant en vitamine C et d'un acide aminé particulier, nécessaire pour sa fabrication, l'hydroxyproline. Le régime cétogène, très en vogue ces dernières années, fondé sur une consommation quasi exclusive de graisses et de protéines au détriment des glucides, provoque selon plusieurs études une accumulation de graisse dans le foie en seulement trois semaines. C'est l'un des régimes les plus déséquilibrés jamais proposés, malgré les promesses de ses promoteurs.

Ce qui est réellement utile ? Le magnésium, à condition de bien choisir sa forme. Le magnésium marin, très vendu parce qu'il évoque la naturalité, est l'une des formes les moins absorbables et les plus laxatives qui soient. Les formes liposolubles comme le glycérophosphate sont nettement plus efficaces pour compenser les carences, fréquentes en cas de stress chronique. En pharmacie, le D-Stress Booster est accessible ; en ligne, le Magdyn (sachet dosé à 300 mg de magnésium-élément) est cité par le Dr Curtay comme particulièrement bien formulé.

Alzheimer au féminin : une vigilance accrue

Les femmes développent Alzheimer plus fréquemment que les hommes, en partie parce qu'elles vivent plus longtemps et ont donc davantage de temps pour que la maladie se déclare. Mais la longévité n'explique pas tout ! La question reste ouverte, et d'autres facteurs sont probablement en jeu : les fluctuations hormonales tout au long de la vie, la charge mentale chronique, ou encore le fait que les femmes consultent souvent plus tard, minimisant leurs propres symptômes.

Car elles paient aussi un autre prix : celui d'être, dans la grande majorité des cas, les aidantes principales. Conjoint malade, parent dépendant, enfant handicapé, ce sont elles qui organisent, accompagnent, veillent. Des études menées à l'université de Californie à San Francisco ont montré que les femmes prenant en charge un proche dépendant perdent en moyenne de nombreuses années d'espérance de vie, jusqu'à 17 ans dans le cas de mères d'enfants handicapés. Un chiffre qui dit à lui seul le coût biologique invisible de ce rôle !

Le stress chronique de l'aidant est en effet lui-même inflammatoire : il élève le cortisol, affaiblit le système immunitaire, perturbe le sommeil, et accélère le vieillissement cérébral. Autrement dit, s'oublier pour prendre soin des autres, c'est un risque. Prendre soin de soi n'est pas un luxe ni un acte égoïste. C'est une condition pour rester capable de prendre soin des autres.

La grande leçon d'Okinawa

Jean-Paul Curtay est aussi l'auteur d'un livre de référence sur la longévité : Okinawa, un programme global pour mieux vivre. Sur ces îles japonaises où la longévité en bonne santé est la norme plutôt que l'exception, le taux d'Alzheimer est six à sept fois inférieur à celui observé en France. Ce n'est pas génétique : les générations plus jeunes d'Okinawa, qui ont adopté l'alimentation américaine après la Seconde Guerre mondiale, fast-food, céréales industrielles, sodas, voient aujourd'hui leurs taux de maladies dégénératives rattraper ceux des pays occidentaux. Parfois, les parents voient mourir leurs enfants avant eux. La preuve par le terrain, implacable, que c'est le mode de vie, beaucoup plus que l’héritage génétique, qui fait la différence. En effet l’expression des gènes est modulée par tout ce que nous mangeons et faisons, c’est ce qu’on appelle « l’épigénétique » qui a pris cette dernière décennies une place considérable dans la recherche.

L'industrie pharmaceutique a investi des milliards dans la recherche d'une molécule capable d'éliminer les plaques amyloïdes caractéristiques d'Alzheimer. Tous les essais cliniques ont échoué à produire un bénéfice cognitif mesurable. Ce constat, loin d'être une impasse, est une invitation à changer de logique : si aucun médicament ne peut réparer ce que des années d'inflammation ont construit, alors c'est l'inflammation elle-même qu'il faut cibler. Et pour ça, les outils sont dans nos assiettes, dans nos nuits, dans nos habitudes quotidiennes. « Ce que l'on fait pour Alzheimer est bon pour le cœur, pour la peau, pour l'ensemble de l'organisme », conclut Jean-Paul Curtay. Le même bruit de fond, les mêmes leviers, les mêmes bénéfices pour tous les organes à la fois. La fenêtre de prévention est longue. Elle est ouverte. Il s'agit de la saisir.

Jean-Paul Curtay est médecin nutritionniste, fondateur de la nutrithérapie et membre de l'Académie des sciences de New York. Il est l'auteur de Vous n'aurez pas Alzheimer (2021), Okinawa, un programme global pour mieux vivre et Moins de viande, entre autres. Il forme des nutrithérapeutes dans plus de 20 pays via le CFNA. Sa vidéo « Les clés de l'alimentation anti-inflammatoire » dépasse les 800 000 vues sur YouTube.

Photos : John Sekutowski, Ron Lach, Ravi Patel, Oliver Schulz

Ces contenus ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

Dans le numéro 6

Juin 2026

Le numéro
ÉditoNon, ce n’est pas normal !Non, ce n’est pas normal d’être épuisé dès le réveil. Non, ce n’est pas normal de mal dormir, d’avoir l’esprit moins clair, la mémoire plus hésitante, le corps plus inflammé. Non, ce n’est pas normal de considérer ces signaux comme de simples désagréments, presque inévitables, en se disant que « c’est l’âge ».2 min de lectureAlimentation & nutritionDerrière chaque maladie chronique, il y a votre microbioteDr Martine Cotinat8 min de lectureAlimentation & nutritionDr Martine Cotinat : prendre soin de son microbiote intestinalDr Martine Cotinat45 min de lecturePlantesLavandeLAVANDE : VOTRE ALLIÉE SOMMEIL QUAND LES JOURS S'ALLONGENT2 min de lectureSanté intégrativeHypertension, arthrose, diabète : ce que les compléments alimentaires peuvent vraiment changerDiabète, hypertension, arthrose, troubles du sommeil… Ces maladies dites "du quotidien" s'installent si progressivement qu'on finit par les considérer comme normales. Et pourtant, elles ont presque toujours un dénominateur commun : un terrain déséquilibré, une inflammation qui couve en silence. Angélique Houlbert, diététicienne-nutritionniste et autrice d'une collection de cinq guides pratiques sur la nutrition et la micronutrition, démystifie le rôle des compléments alimentaires dans la prévention et la gestion de ces pathologies. Non, ils ne sont ni miraculeux ni inutiles. Ils sont, selon elle, des outils de précision, à condition de savoir pourquoi et comment on les prend !Angélique Houlbert10 min de lectureSanté mentaleNaturopathie : comment elle soutient le corps face à l'effort et à la fatigueEt si votre corps était votre meilleur allié ? Christophe Lebrun et Frédérique Laurent, co-auteurs de Marathoniens de l'extrême, Carnet de Bord, nous racontent comment la naturopathie les a aidés à traverser la maladie, à se reconstruire, et à courir jusqu'au Pôle Nord par −42 °C. Bien au-delà de l'exploit sportif, c'est un art de vivre qu'ils nous transmettent : se connaître profondément, écouter ses signaux intérieurs, et durer sans s'abîmer.Christophe Lebrun7 min de lectureMaladie & guérisonDiabète : les vraies réponses aux questions que vous n'osez pas toujours poser8 min de lecture

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avec Dr Jean-Paul Curtay, et sur le même sujet