Céline Hovette : SOPK, endométriose, ménopause, quand le corps tente d'alerter

Bonjour à tous, aujourd'hui j'ai le plaisir de vous retrouver pour parler de santé féminine. Fatigue, chronique, douleur, trouble hormono, prise de poids ou anxiété, derrière ces symptômes, on retrouve souvent des réalités qui sont bien connues, mais encore insuffisamment expliquées. Aujourd'hui, nous allons faire un focus sur le SOPK, sur l'endométriose, la ménopause et la fibromyalgie.

Des pathologies très différentes, certes, mais qui racontent souvent une même histoire, une même chose, un corps qui tente de s'adapter, de compenser et parfois même d'alerter. Pour en parler, nous recevons Céline Ovette, elle est experte en santé féminine. Son approche est à la fois scientifique, mais aussi holistique.

Elle est certifiée en naturothérapie, en nutrition, en physionutrition, en phytothérapie, en aromathérapie et en santé fonctionnelle. Elle propose une approche globale qui relie la science du corps aux solutions naturelles, car elle a cette capacité unique de pouvoir voir à 360 les problématiques féminines. Elle est aussi autrice, elle a sorti plusieurs ouvrages, notamment « Accompagner votre SOPK au naturel », « Ma ménopause positive, le guide », « Ma ménopause positive, le guide de recettes » et dernièrement, vous pouvez retrouver son dernier livre qui s'appelle « Retrouver un ventre plat après 40 ans, un programme sur mesure selon votre profil de ventreux ». Dans tous ses ouvrages, vous retrouvez des outils concrets pour vous accompagner au quotidien et dans les différentes phases de votre vie.

Céline, bonjour et merci d'être avec nous aujourd'hui. Bonjour Estelle et merci pour cette invitation, je suis ravie d'être là. On est ravis de t'accueillir.

Pour nous, c'est un honneur. Tu vas pouvoir nous expliquer un petit peu toutes ces différentes pathologies, parce que comme on le disait souvent, il y a vraiment un manque d'informations, donc ça va être très intéressant de pouvoir partager avec toi. Est-ce que pour commencer, tu peux nous en dire un petit peu plus sur ton parcours et comment tu es arrivée justement à travailler sur la santé de la femme, sur le corps et sur les différentes phases de la vie ? Oui, alors c'est un parcours de reconversion, c'est le cas pour beaucoup de personnes qui travaillent dans la santé naturelle.

Moi, j'ai travaillé dans un milieu qui n'avait absolument rien à voir puisque j'ai passé 15 ans dans la finance d'entreprise. Et puis, c'est en 2014, quand je suis tombée enceinte de ma fille, que j'ai eu des petites problématiques, comme beaucoup de femmes enceintes peuvent en avoir. Et à cette période, on ne peut pas prendre beaucoup de choses en termes de médicaments pour se soulager.

C'est là où effectivement, j'ai découvert l'approche naturelle de la naturopathie. Et puis, j'aime bien dire que je suis tombée dans la marmite et que plus j'en apprenais, plus j'avais envie d'en apprendre. Et donc, je me suis formée.

J'ai fait effectivement beaucoup de formations, comme tu l'as rappelé, et je me forme d'ailleurs toujours, jusqu'à vouloir quitter mon emploi, ce que j'ai fait en 2018, pour me consacrer à la santé féminine. Et à l'époque, je dois dire qu'en 2018-2019, c'était un petit peu subversif de se spécialiser parce que les naturopathes étaient plutôt dans l'approche holistique, donc pas spécialisées du tout. Et puis, j'ai eu cette chance de faire partie de la petite dizaine de comptes Instagram à l'époque qui commençaient à parler de santé féminine.

À l'époque, il n'y avait pas grand-chose. Et puis, cette niche, finalement, a complètement explosé avec cette période de Covid, post-Covid, période durant laquelle les femmes ont eu le temps d'observer leur corps, d'observer leur cycle, sans compter qu'il y avait eu beaucoup de problématiques de cycle aussi avec la vaccination. On en a aussi beaucoup parlé.

Ça a été reconnu, d'ailleurs, comme effet indésirable, etc. Mais je veux dire, à cette période, les femmes étaient beaucoup plus connectées à leur rythme, d'où cet engouement pour ce sujet de la santé féminine qui a explosé. Mais ce qui est génial, en fait, Céline, avec ton profil et ton expertise, c'est qu'effectivement, tu as cette capacité à pouvoir voir le corps dans son ensemble.

Et tu t'es intéressée, à travers toutes tes formations, comme tu le dis, à tellement de sujets qu'aujourd'hui, tu as vraiment une prise de recul qui est super importante. Donc, quel message, déjà, tu aurais envie de faire passer sur la santé féminine globalement, en en parlant d'une manière générale ? Alors, la santé féminine, c'est un sujet assez récent, puisque, jusqu'à il y a peu, la santé était plutôt pensée aux masculins. Donc, c'est vrai que toutes les études, mais aussi les posologies, même en études de médecine, toute la physiopathologie, physiologie étaient étudiées sur des corps masculins.

Or, être une femme, ce n'est pas être un homme. On est doté, effectivement, d'un système hormonal qui est beaucoup plus complexe, beaucoup plus subtil, et qui peut expliquer des symptômes qui soient différents pour une même problématique. Et ça, il y avait encore beaucoup de médecins, et je pense qu'il y en a encore beaucoup actuellement, qui ne connaissent pas tout ça.

Et donc, les femmes s'entendent dire « c'est normal, c'est dans votre tête, ce n'est pas possible », en attendant, ça banalise, effectivement, les plaintes des femmes. Donc, ça, effectivement, en 2026, ce n'est plus acceptable, puisqu'on sait, la science le prouve, mais aussi de plus en plus de professionnels de santé commencent aussi à écouter ce qu'on a pu dire, nous, en tant que naturopathes, depuis plusieurs années, c'est qu'on a un fonctionnement qui est particulier. Donc, il faut savoir, effectivement, s'auto-observer, se reconnecter, effectivement, à ses ressentis.

Et moi, j'aime bien dire que personne ne sait mieux que vous-même si, effectivement, il y a quelque chose qui cloche. Et si vous pensez qu'il y a quelque chose qui cloche, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche. Et donc, il faut aller creuser.

Donc, ça, c'est vraiment le premier message, c'est de reprendre confiance, effectivement, dans son corps, dans ses ressentis, de savoir s'observer, s'analyser. Ça, c'est important. Et ensuite, le deuxième message important que j'aimerais faire passer, c'est que les symptômes, c'est, effectivement, un signal.

Et il faut, effectivement, rechercher la cause. Puisque, jusqu'à présent, la médecine, c'est une approche qui est anti-symptomatique. J'ai mal à la tête, je prends quelque chose pour ne plus avoir mal à la tête.

J'ai une diarrhée, je vais prendre un médicament pour couper ma diarrhée. Mais quelle est la cause de ces maux ? Et quand on pense santé féminine et qu'on pense hormonale, il y a beaucoup de choses qui sont liées. Et donc, il faut essayer d'avoir, de dézoomer, en fait, sur la problématique pour voir l'ensemble du corps, effectivement, cette approche holistique où tout est lié.

Et donc, ça suppose de se poser, vraiment d'analyser son hygiène de vie, son alimentation, son rythme de vie, son activité physique au quotidien. Il y a beaucoup de choses. Donc, en fait, c'est vraiment juste de ne pas aller traiter un symptôme, mais vraiment de prendre ce recul et d'analyser les choses.

Céline, est-ce que les cycles hormonaux de la femme génèrent une sensibilité accrue ? À savoir, on a cette prédisposition à ressentir plus facilement, à être plus fatiguée, à avoir plus d'anxiété, de stress. Est-ce que ça, c'est une réalité aussi qui fait la différence entre un homme et une femme ? Alors, totalement. Et cette réalité, effectivement, elle est biologique.

Elle est liée, effectivement, à ces cycles que nous avons et qui rythment notre vie, en tout cas, toute notre vie reproductive. Il faut savoir que les oestrogènes et la progestérone, qui sont les deux principales hormones qui sont produites au cours du cycle ovulatoire, vont avoir des effets sur l'ensemble de notre corps, sur le psychisme, sur le physique aussi, sur les neurotransmetteurs. Les neurotransmetteurs, ce sont des petites molécules biochimiques qu'on produit naturellement et qui vont influencer notre comportement.

Il y a la sérotonine, la dopamine, le GABA. Il y en a beaucoup. Et chaque neurotransmetteur va avoir un rôle particulier.

Et donc, quand les hormones baissent ou remontent, oestrogène et progestérone, ça va avoir des effets. Par exemple, on sait que la progestérone, qui est produite au moment de l'ovulation, c'est une hormone qui est calmante, qui est apaisante. C'est un peu un antidépresseur naturel.

Donc, comme elle baisse avant l'arrivée des règles, eh bien, on va être beaucoup plus irritable, on va avoir un sommeil de moins bonne qualité. Et ça, c'est des choses qui sont prouvées. On peut aussi se sentir beaucoup plus déprimé, parce que dans sa chute, elle va entraîner la chute de la dopamine.

Et la dopamine, c'est cette hormone, effectivement, enfin, ce neurotransmetteur, pardon, qui nous permet, effectivement, d'être de bonne humeur, d'avoir cette capacité d'entrain, de motivation. Et donc, quand les deux baissent avant l'arrivée des règles, effectivement, on va se sentir beaucoup plus sensible, beaucoup plus perméable au stress, à l'anxiété, à la dépression. Donc, c'est une vraie réalité physiologique.

Et pourtant, le rythme moderne que l'on vit nous impose d'être au top tout le temps. Il faudrait, pour, effectivement, bien vivre ces cycles, pouvoir adapter son rythme de vie en fonction de ces périodes du cycle. Mais, évidemment, dans les faits, ce n'est pas toujours évident.

Néanmoins, ce que je conseille souvent à mes consultantes, c'est quand on a un cycle régulier et qu'on peut, un petit peu comme ça, anticiper les phases, ça va être de planifier, par exemple, des réunions, des actions de communication, plutôt dans la première phase du cycle. On va avoir beaucoup plus d'énergie, on va beaucoup plus aller vers les autres. Donc, voilà, quand on peut essayer de caler des petites choses comme ça, c'est pratique.

Si on ne peut pas, on essaye d'être un petit peu plus à l'écoute de sa réserve d'énergie et puis de savoir dire non à certaines sollicitations. Quand on le peut, bien sûr, ce n'est pas toujours facile. C'est certain.

Mais voilà, je suis ravie que tu soulignes toute cette complexité de notre corps et de nos différentes phases, parce que ça met en exemple le fait qu'il faut écouter son intuition. C'est super important, quand on est une femme, de s'écouter, d'écouter son intuition et de savoir ralentir. Effectivement, tu viens de donner un conseil précieux.

Si on peut programmer des moments forts, au bon moment, pour être là où on se sent le mieux, le plus à l'aise, c'est un vrai plus. Céline, aujourd'hui, on a décidé ensemble d'évoquer des sujets dont on parle beaucoup, mais ce que je disais en introduction, le problème, c'est qu'on n'a pas suffisamment d'informations et parfois, peut-être, on passe à côté de quelque chose. On parle beaucoup d'SOPK aujourd'hui, d'endométriose, la ménopause, on en parle d'une manière énorme aujourd'hui.

Et de la fibromyalgie. Est-ce que tu peux, du coup, en commençant par celui de ton choix, nous expliquer un petit peu tout ça, pour qu'on y voit plus clair ? Peut-être commencer par le SOPK, le syndrome des ovaires polykystiques, puisque pour le coup, ça a été le sujet du premier livre que j'ai écrit, qui est sorti en 2022. Le syndrome des ovaires polykystiques, déjà, c'est un syndrome métabolique qui va toucher entre une femme sur sept et une femme sur dix.

On est à peu près sur la même prévalence que l'endométriose, une femme sur dix. Et ce syndrome des ovaires polykystiques, alors, ce n'est pas une pathologie, c'est un syndrome qui va se manifester par un ensemble de symptômes, mais qui ne va pas être identique selon les femmes. Donc, ça complexifie, on va dire, le diagnostic, d'autant plus que le diagnostic ne se pose pas sur la base d'un marqueur, mais sur un ensemble de choses.

Donc, on va retrouver, en général, des troubles de l'ovulation, ce qu'on appelle une disovulation ou une nanovulation, c'est-à-dire des cycles dans lesquels il n'y a pas d'ovulation. Donc, ça va entraîner des cycles irréguliers. On peut retrouver également des signes d'hyperandrogénie.

L'hyperandrogénie, c'est quand les hormones mâles, les androgènes, vont être, on va dire, à un niveau plus important que la moyenne. Et donc, ça va entraîner des symptômes virilisants, de l'acné, mais aussi une pilosité excessive. On peut aussi retrouver une chute de cheveux importante qu'on appelle l'alopécie.

Et puis, on peut retrouver, mais ce n'est pas obligatoire, un aspect polykystique des ovaires, d'où un syndrome qui porte très mal son nom, parce qu'on le nomme syndrome des ovaires polykystiques, mais je suis en train de vous dire que le fait d'avoir des ovaires d'aspect polykystique, ce n'est pas obligatoire. Donc, ça reste effectivement un petit peu compliqué, parce qu'une femme peut avoir tous les symptômes, mais pas d'ovaire d'aspect polykystique, et puis s'entendre dire « Non, vous n'avez pas le SOVK, puisque vos ovaires ne sont pas… » C'est des critères. Il faut cocher deux critères sur trois, on va dire, pour avoir un diagnostic.

Il y a encore beaucoup de méconnaissances de la part des professionnels de santé là-dessus. Et donc, très compliqué d'avoir un diagnostic fiable et précis. Et donc, la principale conséquence, mais ce n'est pas la seule, c'est donc une hypofertilité, c'est-à-dire une incapacité à procréer, en tout cas des difficultés, mais il y a aussi beaucoup d'autres symptômes.

Et moi, j'aime beaucoup en parler, parce qu'on a tendance effectivement à résumer ce SOPK à une problématique de fertilité, mais ce n'est absolument pas le cas. On va retrouver souvent une résistance à l'insuline et donc un syndrome métabolique, avec plus de risques d'être en surpoids, de développer un diabète de type 2 et des troubles cardiovasculaires. On peut avoir de la fatigue chronique, de la dépression.

Pour celles qui arrivent à tomber enceintes, il faut savoir que ce sont des grossesses sous surveillance, parce qu'il y a un risque de fausse couche qui est accru. On peut aussi avoir un accouchement prématuré ou un risque de pré-éclampsie. Donc, c'est loin d'être anodin et surtout, c'est loin de se résumer à de l'hypofertilité.

C'est un trouble métabolique qui affecte aussi beaucoup l'image de soi, et on sait à quel point aujourd'hui on vit dans une société où l'image est importante, et donc ces femmes souffrent énormément. Pour autant, aujourd'hui, je tiens à le préciser, il n'y a pas de traitement contre ce SOPK. Souvent, on va donner une pilule contraceptive qui va réguler les cycles, mais les cycles sous pilule ne sont pas de vrais cycles, ce sont des cycles hormonaux.

Donc, on va masquer le problème et on ne va pas traiter la cause. Céline, est-ce qu'on sait d'où provient l'éventuelle apparition d'un SOPK ? Est-ce qu'il y a des causes qui accentuent ça ? Il y a beaucoup de recherches qui sont effectuées pour découvrir l'origine de ce SOPK. On n'a pas trouvé de gène SOPK.

Je sais que l'Inserm, ici, à Lille, a fait beaucoup de recherches là-dessus. On remarque que les femmes qui ont eu une maman qui a eu le SOPK ont plus de risque de le développer. Pour autant, on n'a pas trouvé de cause purement génétique.

Maintenant, il y a la piste des perturbateurs endocriniens qui est suspectée. C'est aussi le cas dans l'endométriose. Les perturbateurs endocriniens, je rappelle rapidement ce que c'est, ce sont des molécules biochimiques qui vont avoir cette capacité à venir mimer l'action de nos hormones en se fixant sur les récepteurs hormonaux et ils vont venir brouiller la communication hormonale.

Le gros problème de ces perturbateurs endocriniens, qui sont classés CMR, cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques, c'est qu'ils sont partout dans notre environnement et on ne les voit pas. C'est une pollution invisible. Il y en a dans les cosmétiques, dans le matériel de cuisson, dans les boîtes plastiques, dans les parfums, dans les vêtements qui vont être traités imperméables ou les tissus d'ameublement traités retardateurs de flammes.

On en a absolument partout. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de législation stricte, c'est-à-dire que les industriels vont mettre sur le marché ces molécules et on va s'apercevoir 10 à 15 ans après qu'elles sont nuisibles, néfastes pour la santé mais aussi pour celles de l'environnement. Là, c'est un vrai problème de santé publique.

Là, c'est une alerte énorme. Effectivement, aujourd'hui, surtout quand on voit les statistiques d'augmentation de cancers chez les jeunes et notre génération à partir de 1980, on a vécu toute notre vie sous l'influence de ces perturbateurs d'où probablement aussi cette explosion de cas de SOPK, d'endométriose, de cancer mais aujourd'hui, on a beaucoup de mal à le prouver parce que cet effet cocktail de tous ces perturbateurs endocriniens est difficilement mesurable et analysable mais en tout cas, les pistes ça peut être aussi une exposition interro à ces perturbateurs. On ne sait pas trop mais en tout cas, cette piste des perturbateurs endocriniens aujourd'hui, c'est celle qui est la plus privilégiée.

En revanche, est-ce que malgré le fait qu'il n'y ait pas de traitement, tu l'as souligné, est-ce qu'il y a des choses à faire dans son quotidien qui peuvent améliorer ? Je pense tout de suite évidemment à l'alimentation, j'imagine, l'hydratation, peut-être l'activité physique. Est-ce que tu as des conseils pour nous ? Oui, tout à fait. Il y a vraiment beaucoup de choses que l'on peut mettre en place pour accompagner son SOPK et ça passe surtout par, tout d'abord, une amélioration de la sensibilité à l'insuline.

Et ça, ça passe effectivement par une alimentation qui va permettre de venir stabiliser l'abyssémie. Ça va être une alimentation plutôt IGBA où on va favoriser les aliments frais et complets, on va éviter les plats industriels ou tout ce qui va être un petit peu trop transformé. Ça, c'est vraiment important.

Il faut essayer aussi de réduire l'inflammation de bagrade. L'inflammation de bagrade, c'est quelque chose qu'on peut détecter dans un bilan sanguin. C'est lié aussi à l'insuline mais aussi au rythme de vie et puis au côté sédentaire.

Il y a l'alimentation, il y a l'activité physique au quotidien. Je ne parle pas d'activité sportive. Déjà, d'activité physique.

C'est-à-dire marcher, monter, porter, faire des choses du quotidien, bouger. Ça, c'est super important. Et puis, le système nerveux.

Pourquoi ? Parce que le système nerveux et le système hormonal sont complètement liés. Quand on est dans un état de stress chronique, le corps, il va chanter un petit peu le système hormonal parce qu'un stress chronique, c'est considéré comme un danger par notre organisme. Et donc, quand il y a un danger, la priorité, ce n'est pas la reproduction.

Souvent aussi, le stress vient affaiblir l'ovulation et les capacités reproductives en plus de cette sensibilité à l'insuline qui va avoir pour effet d'augmenter les androgènes, ces fameuses hormones mâles qui sont déjà à un niveau plus élevé dans le cadre du SOPK. Vraiment, l'alimentation, l'activité physique, la gestion du stress, ce sont trois leviers majeurs à considérer et qui sont pourtant sous-estimés. C'est-à-dire qu'on vient à ça, en général, quand on a tout essayé.

Alors que c'est par ça qu'il faut commencer. Ça, c'est ce que tu conseilles en premier, évidemment, aux personnes qui viennent te voir. Absolument.

C'est vraiment de revoir toute son hygiène de vie. De toute façon, c'est la base pour toute la bonne santé de manière générale, mais aussi en cas de problématiques féminines, c'est vraiment la base. Alors Céline, la question qui est soulevée, tu l'as dit tout à l'heure, c'est la raison pour laquelle on a parlé beaucoup du SOPK, c'est la capacité, l'incapacité à pouvoir avoir un bébé rapidement.

Autour de ça, qu'est-ce que tu pourrais nous partager, parce que c'est un vrai sujet aussi. C'est un vrai sujet et puis effectivement, je pense qu'il y a aussi beaucoup de pression là-dessus. On le voit, on en parle dans les médias, le gouvernement parle d'un plan fertilité.

Quand on a passé un certain âge, on a aussi la pression de nos proches, de nos collègues. Tiens, t'as pas encore d'enfants, etc. Donc déjà, c'est effectivement... Essayer de se dégager de cette pression, je sais que c'est pas évident, mais la clé pour moi, c'est vraiment de se reconnecter tout d'abord à ces cycles.

Savoir les observer de combien de jours est son cycle. Essayer de repérer la période ovulatoire, puisqu'effectivement, une femme n'est fertile que 12 à 24 heures dans le mois quand l'homme, lui, est fertile tout le temps. Donc ça, c'est vraiment important de savoir repérer cette fenêtre de fertilité pour, effectivement, maximiser ses chances de consommateur.

Et ça, on peut s'intéresser à la symptothermie, par exemple, qui est une méthode d'observation des cycles où on va observer la qualité, l'aspect de la glaire cervicale, par exemple. On peut observer la position du col. Il y a pas mal de changements aussi qui permettent de repérer cette période ovulatoire.

Donc c'est très important de reprendre le temps de se reconnecter à ces cycles. Et ça, par exemple, la symptothermie, c'est aussi une méthode qui a explosé pendant le confinement. Pourquoi ? Parce que les femmes étaient chez elles, qu'elles avaient le temps de s'observer.

Donc ça, c'est super important. Et puis, effectivement, ensuite, on va essayer de mettre en place une bonne qualité ovulatoire. Et ça, ça va passer, effectivement, par une alimentation.

Hicher bas, comme je le disais, de venir stabiliser sa glycémie et l'insuline, de pouvoir mettre en place des activités restauratives pour le système nerveux, c'est-à-dire qui vont nous permettre de nous recharger, de nous apaiser. Donc là aussi, il y a tout un tas d'outils à notre disposition. Et puis là aussi, l'activité physique, on sait que ça aide énormément, ne serait-ce que la marche.

Il y a des études qui montrent que marcher au quotidien, ça améliore aussi la capacité ovulatoire. Et ça, c'est des choses qui sont à la portée de toutes. Ce ne sont pas des choses qui sont forcément très coûteuses.

C'est juste qu'il faut s'y intéresser, être accompagné, pourquoi pas, par un professionnel qui va vous guider. Mais très, très important de reprendre les bases, si je puis dire. Et de s'écouter, comme on le disait.

J'insiste vraiment là-dessus parce que pour moi, la santé féminine passe vraiment par l'écoute de soi aussi et retrouver son pouvoir en tant que femme, c'est aussi ça. C'est savoir s'arrêter, s'écouter. Est-ce que je suis anxieuse ? Est-ce que je suis fatiguée ? Pourquoi ? J'en suis où dans mon cycle ? C'est ce que tu évoques.

Je souhaite le redire encore une fois. Céline, j'ai aussi une petite question parce qu'il me semble que dans certains cas de SOPK, on n'a plus du tout de règles. Totalement.

Il y a des femmes effectivement qui vont avoir des règles absentes pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. C'est-à-dire que l'ovulation est complètement bloquée par ces androgènes, ces hormones mâles qui vont être supérieures aux oestrogènes. Et donc, ça va être très compliqué dans ces cas-là.

Il y a des femmes qui sont parfois même désespérées. Il y a plusieurs choses qu'on peut mettre en place. Déjà, il y a des traitements médicamenteux inducteurs d'ovulation mais ça ne fonctionne pas non plus à tous les coups.

Donc là, c'est très important dans ces cas-là. Ne serait-ce que déjà d'avoir un diagnostic fiable de SOPK. Moi, je conseille aussi beaucoup aux femmes d'aller dans des centres spécialisés.

Il y a des hôpitaux qui ont développé des consultations spécifiques pour le SOPK. Vous rentrez le matin, vous sortez au milieu de l'après-midi et on vous fait tous les tests pour voir si effectivement c'est bien un SOPK. C'est mieux d'aller dans ces centres finalement que parfois de passer par le médecin traitant qui ne va pas être hyper spécialisé et qui va avoir un cas de temps en temps.

Je vous le disais, c'est un syndrome mais les femmes n'ont pas toutes les mêmes symptômes. Donc, ce n'est pas évident quand on n'a pas vraiment de spécialisation de démêler le vrai du faux. Donc, déjà recevoir un diagnostic fiable et puis ensuite, après, il y a aussi des parcours d'accompagnement, PMA ou autre pour les cas on va dire plus compliqués.

Mais, encore une fois, ne pas sous-estimer l'hygiène de vie, l'alimentation et tout ce qu'on peut faire parce que, moi, j'ai le décalre de consultante, je sais qu'on a réussi à débloquer effectivement des situations qui étaient bloquées depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Donc, il faut juste un peu de patience il faut vraiment se reconnecter à soi, s'écouter, faire ce qu'il y a de bien pour soi. Quand il faut passer par ces parcours de procréation médicale assistée, et bien, effectivement, il ne faut pas s'en priver bien évidemment.

Mais, il ne faut pas négliger tout ce qu'il y a autour bien sûr. Tu es spécialiste aussi en aromathérapie. Est-ce que l'aromathérapie peut avoir un rôle constructif dans ces problématiques ? Alors, dans le cadre du SOPK moi, je vais recommander l'aromathérapie donc l'utilisation des huiles essentielles surtout sur la sphère nerveuse.

Donc, c'est-à-dire l'olfactothérapie, donc le pouvoir des odeurs pour venir détendre le système nerveux. Et une odeur, en tout cas l'odorat il faut savoir que c'est le seul de nos cinq sens qui est directement relié au cerveau. Donc, que vous le vouliez ou non une odeur parle à votre cerveau.

L'olfactothérapie aujourd'hui, c'est même utilisé dans les hôpitaux dans les services pour les comas, Alzheimer, les soins palliatifs parce qu'on sait que ça va pouvoir aider. Donc, moi je conseille effectivement de courte séance où on va respirer alors ça peut être avec un diffuseur, ça peut être avec une petite touche parfum mais des huiles essentielles qui vont vous permettre de nous détendre, de nous relaxer et ça, ça aide beaucoup parce qu'encore une fois, quand le système nerveux est stressé le système hormonal ne peut pas bien fonctionner. Donc c'est hyper important et après il y a plein d'autres outils.

Il peut y avoir de la méditation du yoga, ça peut être de faire une activité tout simplement qu'on aime bien mais ne sous-estimons pas l'impact du stress sur les troubles hormonaux et notamment les troubles du cycle, bien sûr. Très intéressant Céline. Est-ce que du coup on peut faire maintenant la bascule en parlant de l'endométriose ? Il y a certains points communs, tu l'as dit.

Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ? Alors l'endométriose là aussi va affecter à peu près une femme sur dix. Donc comme je vous disais c'est à peu près la même prévalence. Alors l'endométriose c'est aussi une problématique assez complexe.

On l'a longtemps cantonné à une problématique gynécologique puisque l'endométriose ça va être la présence de tissus qui ressemblent à de l'endomètre mais c'est une sorte d'endomètre un peu mutant qui va aller coloniser les organes autour de l'utérus mais parfois ça peut aller jusqu'au poumon etc. Et donc ce tissu qui ressemble à de l'endomètre va être sous l'influence des oestrogènes et va saigner au moment du cycle et le sang ne pouvant pas s'évacuer puisqu'encore une fois on est hors de l'utérus et bien ce sang il va coaguler et ça va créer des kystes qu'on appelle des kystes chocolat parce que ce sang qui coagule va avoir la couleur effectivement un peu marron du chocolat et donc ces kystes vont coller les organes à côté desquels ils sont et ça, ça va être la source de douleurs, de douleurs neuropathiques qui sont très caractéristiques de l'endométriose. Donc il y a des femmes effectivement, donc la douleur ça va être le premier signe de l'endométriose.

On va retrouver souvent également des règles abondantes voire hyper abondantes, hémorragiques et on peut aussi avoir des troubles digestifs, on retrouve souvent un syndrome de l'intestin irritable dans l'endométriose, on peut retrouver de la fatigue chronique, on peut faire aussi des malaises pendant les règles, tellement cette période est difficile à vivre. Donc c'est une maladie, on va dire qui est multifactorielle, qui est inflammatoire surtout, avec effectivement ce rôle des oestrogènes mais aujourd'hui c'est une problématique qui est plutôt systémique, inflammatoire, plus que gynécologique en tant que tel. Alors attends, on revient en arrière pour que tout le monde comprenne bien.

Est-ce que déjà tu peux nous dire ce que c'est l'endomètre ? Alors l'endomètre, ce sont effectivement c'est une prolifération effectivement de cellules qui vient tapisser effectivement l'intérieur de l'utérus. Le but est d'ancrer un petit nid s'il y a effectivement fécondation et puis un bébé qui va venir se développer. Et quand il n'y a pas le signal de grossesse, eh bien cet endomètre il est évacué sous forme de règles très concrètement.

Et donc dans l'endométriose, on va avoir cet endomètre, alors que c'est pas le même, c'est un endomètre vraiment un petit peu mutant parce que quand on regarde au microscope l'endomètre normal et l'endomètre endométriosique, eh bien il va y avoir des différences au niveau physique, mais aussi au niveau enzymatique. Et cet endomètre il va sécréter, cet endomètre endométriosique, il va sécréter des oestrogènes en local. Donc en plus, ces lésions qui sont allées tapisser effectivement d'autres organes, sous l'influence des oestrogènes, elles vont sécréter des oestrogènes en local.

Ça va aussi créer une résistance à la progestérone. Donc c'est vraiment, c'est très intéressant à étudier et de comprendre qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, chez une femme, cet endomètre va muter, va aller coloniser d'autres organes, ça on ne sait pas, on ne comprend pas pourquoi. C'était ma question ! Il y a plusieurs hypothèses, on parle souvent du reflux menstruel, alors comme théorie, c'est-à-dire que chez certaines femmes, le sang pourrait refluer par les trompes et donc sortir de cette cavité utérine, mais il y a beaucoup de femmes qui ont un reflux menstruel et qui pour autant n'ont pas d'endométriose, donc cette théorie n'est pas valable à 100%.

Ça pourrait être une dysfonction immunitaire aussi, donc ça c'est une piste qui est très privilégiée. Il y a la problématique inflammatoire et puis, chez certaines femmes, on retrouve aussi ce qu'on appelle une angiogénèse et une neurogénèse accrue, c'est-à-dire cette capacité de certaines cellules à venir se créer un petit réseau de développement autour. C'est pour ça qu'aujourd'hui, elle est considérée comme une pathologie inflammatoire systémique et il y a aussi dans l'endométriose, je le disais tout à l'heure, la piste aussi des perturbateurs endocriniens.

C'est ce que j'allais te dire, c'est vraiment le point commun finalement entre le SOPK et l'endométriose, c'est-à-dire que ces facteurs peuvent jouer totalement. D'autant plus que, je le précise, c'est très important, on peut être atteint de SOPK et d'endométriose en même temps. Ah, ok.

Et l'endométriose est plutôt quelque chose qui survient sur le tard, il me semble, ou ça peut arriver très tôt ? Les deux. C'est-à-dire qu'il y a des jeunes filles qui vont avoir de l'endométriose dès les premiers cycles et puis chez d'autres femmes, ça peut se manifester effectivement beaucoup plus tard. Néanmoins, par rapport au SOPK, on va diagnostiquer l'endométriose beaucoup plus facilement.

Pourquoi ? Parce que ça va se voir lors des examens, visuellement, on peut le voir assez facilement. Ce qui n'est pas forcément le cas du SOPK, même s'il y a des symptômes physiques, comme je disais, c'est un syndrome, donc c'est beaucoup plus complexe à poser le diagnostic. Mais l'endométriose se diagnostique beaucoup plus facilement, effectivement, que le SOPK.

Et alors, que faire ? Est-ce qu'il y a des solutions qui sont un peu plus concrètes autour de l'endométriose ? Oui, sur l'endométriose, il y a des choses. Pareil, encore une fois, l'hygiène de vie, bien évidemment, mais dans l'endométriose, ce qui va être central, c'est de venir moduler l'inflammation. L'inflammation, ça va être le moteur de l'endométriose.

Ça, ça va être très important. Ça va être le premier point. Il va y avoir aussi le fait de venir soutenir les voies de détoxification des oestrogènes.

Alors, je m'explique, parce que ça peut paraître un petit peu abstrait. Quand, effectivement, tous les mois, on va dire, on produit des oestrogènes, le corps produit naturellement des oestrogènes, et ces oestrogènes doivent être excrétés hors de l'organisme. Il y a deux voies d'excrétion.

Il y a les urines, via les reins, et on les excrète également via les selles. Donc ça, c'est super important. Tout ça, ça passe par le foie et le microbiote.

On a découvert, il y a très peu de temps, alors j'en parle justement dans mon livre sur le SOPK, que dans le microbiote, il y a une population spécifique qu'on appelle l'estrobolome. Et cet estrobolome, il a une capacité, la capacité, de venir métaboliser les oestrogènes, c'est-à-dire que les oestrogènes qui doivent être évacués, en passant par le microbiote, peuvent être réactivés et remis dans la circulation générale. Et ça, ça vient augmenter le niveau d'oestrogènes dans l'organisme et en plus, ça va être des métabolites qui sont plutôt toxiques, on va dire, qui ne sont pas forcément très bonnes pour l'organisme.

Donc, le travail sur le microbiote est aussi très important. Comme quoi, quand on dit que tout commence dans l'intestin et que le microbiote devient un vrai sujet pour beaucoup de problématiques, on le découvre aussi sur ces problématiques féminines. Et puis, la quatrième stratégie, ça va être de venir d'améliorer la gestion de la douleur.

Parce que ces douleurs, dans le cadre de l'endométriose, bien évidemment, elles sont très handicapantes. Elles affectent la qualité de vie des femmes. Il y a beaucoup de femmes qui ne peuvent pas aller à l'école, qui ne peuvent pas aller au travail, parce qu'elles ont trop mal.

Et ce n'est pas de la simulation, encore une fois, sur une échelle de douleurs. Certaines femmes vont avoir des douleurs dignes de contraction, d'accouchement. Donc, ce n'est pas rien.

Et donc, là aussi, par l'alimentation, par le travail sur le système nerveux, par les compléments alimentaires, la micronutrition, la phytothérapie, on va pouvoir venir trouver des molécules ou des nutriments qui vont aider les femmes à mieux supporter la douleur. Donc, c'est vraiment une approche intégrative qui doit être personnalisée en fonction du tableau que présente la femme. On est toutes uniques, c'est certain.

Mais Céline, la question que je me pose, c'est que quand on est dans cette situation, on se retrouve face à un parcours du combattant. Il faut, j'imagine, tester plusieurs solutions, plusieurs molécules pour trouver ce qui nous convient et ce qui fonctionne pour nous. Globalement, combien de temps ça prend pour retrouver une forme de stabilité, trouver les bonnes options pour soi ? Alors, moi, je dirais que si, effectivement, on a envie de faire bien les choses, ça peut être très intéressant d'être accompagnée.

Aujourd'hui, on est quand même beaucoup de natureaux spécialisés en santé féminine. Je précise aussi que les natureaux ont joué un rôle extraordinaire dans l'éducation des femmes à la santé féminine, encore une fois, sur cette période 2018, 2019, 2020, 2021. Aujourd'hui, on voit beaucoup de praticiens de santé qui viennent un petit peu faire ce qu'on fait, mais sans tout à fait faire ce qu'on fait, parce que moi, j'estime qu'il y a la médecine d'un côté, il y a la naturopathie de l'autre.

On ne fait pas le travail de l'un de l'autre. Il faut savoir se respecter et jouer la complémentarité. Ça, c'est aussi important de le rappeler.

C'est le médecin qui va poser le diagnostic, qui va faire tous les examens. Il va pouvoir traiter les symptômes, proposer des traitements médicamenteux. Et nous, on est des grands spécialistes de l'hygiène de vie et là, on va vraiment pouvoir accompagner les femmes là-dedans.

Les deux ne s'opposent pas. Il faut vraiment jouer la carte de la complémentarité et je tiens vraiment à le préciser parce que on a souvent tendance à opposer les deux ou à vouloir un petit peu minimiser le rôle de la naturopathie et pour autant, ça peut vraiment aider et beaucoup de femmes qui sont passées par là disent qu'il y a vraiment eu un avant et un après. Donc si on veut ne pas comme ça se perdre dans toutes les solutions qui existent, ça peut être bien de se faire accompagner parce que nous, on va avoir une grille de lecture et on va pouvoir vraiment vous proposer des solutions par rapport à ce tableau unique que vous présentez.

Néanmoins, pour démarrer, ce qui peut être très intéressant, c'est d'utiliser les principes de l'alimentation anti-inflammatoire. Donc ça aussi, ça fait des années qu'en naturopathie, on parle de ça. On se moquait un petit peu de nous à une époque là-dessus et aujourd'hui, les études nous donnent raison.

Et donc, voilà. Donc les principes de l'alimentation anti-inflammatoire, ça va vraiment permettre déjà d'apaiser beaucoup de choses. Et ensuite, on va avoir là aussi les plantes.

Alors là encore, les plantes, c'est très compliqué de conseiller à l'aveugle parce que chaque femme a un terrain unique. Certaines prennent peut-être des traitements, des médicaments. Et donc, il y a des interactions aussi qui sont possibles.

D'où, encore une fois, l'idée de ne pas forcément aller piocher à l'aveugle. Par exemple, par rapport à une amie qui prendrait tel ou tel plant, peut-être que pour vous, elles vont être déconseillées. Donc encore une fois, c'est aussi de comprendre que tout ce qui est en vente libre, c'est pas non plus forcément sans danger.

Et donc, d'avoir la tâche d'un professionnel pour bien vous conseiller, c'est super important. Alors Céline, tu m'as tendu une perche, mais si on peut donner quelques conseils à nos auditeurs, quels sont les quelques piliers que tu pourrais partager d'une alimentation anti-inflammatoire ? Alors l'alimentation anti-inflammatoire, ça va être quelque chose d'assez là encore, adapté pour toutes les problématiques de santé féminine. Donc encore une fois, c'est d'éviter tout ce qui va être ultra-transformé, tout ce qui est industriel, on va dire.

Essayer de manger des légumes en quantité, minimum 500-600 grammes par jour. Voilà, des fruits de qualité, des protéines de qualité, bien s'hydrater, bien évidemment. Éviter effectivement le café, éviter le sucre, éviter les graisses transformées.

Par contre, privilégier les bonnes huiles végétales, les oméga-3 issus de petits poissons gras. Donc dans l'alimentation, ça peut être très intéressant. C'est accessible, une boîte de sardines, ça ne coûte pas très cher, on peut préparer ça de multiples façons.

Mais pourquoi pas se supplémenter aussi en oméga-3. Ça, c'est quelque chose d'assez universel, on va dire. Je dois dire, voilà, un complément de qualité là-dessus.

Les oléagineux aussi, des petites quantités tous les jours, ça peut vraiment aider aussi. Donc ça, c'est super important. Et ensuite, on va avoir là encore, respecter ses rythmes biologiques.

Donc essayer d'avoir de bonnes nuits de sommeil, essayer de ne pas trop charger la barque en termes de stress, en termes d'obligation. Encore une fois, quand on a de l'endométriose ou du SOPK, il y a aussi souvent derrière de la fatigue chronique. Il faut vraiment essayer de maîtriser un petit peu son énergie et de ne pas comme ça, voilà, se dépenser tout azimut, mais vraiment de se préserver.

Encore une fois, on revient à l'écoute de soi et à ses rythmes biologiques, mais c'est très très important. Et puis, voilà, dans les grandes lignes, on va dire c'est vraiment ça. Et on revient, alors je sais que ça paraît simpliste, mais on sous-estime tout le temps à quel point ces gestes qu'on fait quotidiennement peuvent soit vous apaiser ou soit aggraver ce que vous avez selon, effectivement, ce que vous mangez.

J'ai donné un exemple très simple, Estelle, mais si tu rajoutes une portion, par exemple, de fruits ou légumes dans ton alimentation, tu vas le faire comme ça sur plusieurs jours, plusieurs mois, il va y avoir un impact positif, cumulatif, qui va être très important. A l'inverse, si, mettons, tu introduis une dose d'alcool tous les jours dans ton hygiène de vie, l'impact cumulatif, il va être négatif et très important. Donc, en fait, il ne faut pas sous-estimer aussi ces petits pas et ces petits gestes qu'on peut mettre en place tous les jours dans son quotidien.

Il y a un autre point que j'ai envie de soulever avec toi, Céline, et je pense que ça fait partie de ton rôle, c'est aussi d'avoir cette capacité à créer un espace de conseil mais aussi d'écoute, c'est-à-dire parler, s'exprimer, dire ce qu'on ressent, ce qu'on vit pour trouver aussi les bonnes solutions. C'est très important parce que les médecins sont essentiels, mais parfois, il manque ces quelques minutes d'écoute pour être bien comprise, bien entendue et aussi se sentir mieux et d'avoir ce sentiment d'avoir tout dit. Totalement.

Je vais te dire, je fais un petit test quand je vais chez ma médecin. Personnellement, je déclenche un chronomètre. La consultation dure six minutes, montre en main.

Après, quand j'y vais, ce n'est pas non plus pour des choses très graves, mais néanmoins. On va dire que la moyenne de consultation, c'est 10 ou 12 minutes. Donc, qu'est-ce qu'on a le temps de raconter dans ce laps de temps ? Surtout quand on a une problématique.

Alors, si on va chez le gynéco, c'est plutôt 20 minutes la consultation, mais même en 20 minutes, c'est très compliqué. Et effectivement, ces femmes qui vivent souvent une errance médicale depuis plusieurs années, qu'on ne croit pas, dont on sous-estime les symptômes, ont besoin d'un moment où elles peuvent s'exprimer, où on ne va pas les juger. Je vais te donner plusieurs exemples.

J'avais eu par exemple une femme qui était atteinte du SOPK, donc qui n'avait pas reçu en plus le bon diagnostic. Donc ça, c'est autre chose. Elle l'a eu après parce que je l'avais orientée effectivement dans un centre spécialisé.

Elle était en surpoids, on peut même dire obèse. Et son médecin lui avait dit en gros que si elle continuait comme ça, elle mourrait jeune et qu'elle ne suivait pas le régime qu'il lui avait donné, que ce n'était pas possible, qu'il ne comprenait pas qu'elle ne puisse pas perdre de poids. Il l'avait vraiment culpabilisé.

Et on a travaillé avec cette femme sur les petits pas dont je te parlais tout à l'heure, c'est-à-dire pendant une semaine, vous allez rajouter un fruit par jour. Et puis, la semaine d'après, vous gardez votre fruit et puis vous allez ajouter ça, et puis ci, et puis ça. Et puis, on a commencé à ajouter de la marche.

Et au fil du temps, cette femme m'a dit, elle n'habitait pas très loin de chez moi, elle m'a dit, vous voyez le parc du Héron ? Maintenant, je fais le tour. Ça lui a pris six mois. Elle a perdu du poids.

Et en fait, moi je ne l'ai jamais jugée. Je comprenais bien pourquoi elle n'arrivait pas à perdre de poids, évidemment. Elle avait cette résistance à l'insuline, mais qu'on ne détecte pas.

Si on fait une simple glycémie à gens, il faut aller plus loin aussi dans les marqueurs biologiques. Et ça, il y a encore beaucoup de médecins qui ne connaissent pas ça. Ça peut être aussi des femmes en période de pré-ménopause et ménopause qui ne se reconnaissent plus, qui sont irritables, qui sont anxieuses, qui se demandent qu'est-ce qui se passe ? Et là, on veut les mettre sous antidépresseurs.

Mais est-ce que c'est vraiment la solution ? Est-ce que ce n'est pas d'essayer de relier déjà effectivement cette baisse hormonale à la chute des neurotransmetteurs dont on parlait tout à l'heure ? De voir dans l'alimentation s'il y a bien tout ce qu'il faut pour produire ces fameux neurotransmetteurs ? Qu'est-ce qu'on va déjà pouvoir optimiser ? Qu'est-ce qu'on va pouvoir mettre en complément pour soutenir tout ça ? Et souvent, ça suffit. Mais ça nécessite effectivement un temps d'écoute où la femme vient et peut déposer en toute confiance ce qu'elle a sur le cœur, pour nous de lui expliquer, de la rassurer que ses mécanismes sont normaux, de lui donner... Voilà, de lui expliquer simplement qu'est-ce qui se passe dans son corps, et surtout qu'est-ce qu'on va pouvoir mettre en place, petit à petit, pour aller vers du mieux-être. Et effectivement, je trouve que dans notre système médical actuel, c'est très compliqué.

D'où encore une fois, cette complémentarité pour moi qui est essentielle entre les médecins qui sont des professionnels qui vont poser le diagnostic, qui vont pouvoir proposer un traitement quand c'est nécessaire, et nous praticiens du bien-être, c'est pas que les naturaux, il y a beaucoup de praticiens aussi en médecine traditionnelle chinoise, à Ayurveda, voilà des... Il y en a plein des professions autour du bien-être aujourd'hui, et pour moi, je ne comprends pas qu'on ne puisse pas effectivement être intégrés, parce que je sais que ce qu'on apporte a beaucoup de valeur pour les femmes, et qu'elles en ont surtout besoin. Mais, il y a une chose aussi essentielle pour les femmes qui vont nous écouter, c'est aussi de comprendre qu'on ne règle pas ça en un claquement de doigts, on ne fait pas de lutte symptomatique, on va travailler sur la cause, il y a un déséquilibre hormonal, il met souvent des mois, voire des années à se mettre en place, et donc il faut aussi accepter que ça va prendre un petit peu de temps pour résoudre les choses, ça c'est important aussi. Ça m'amène à cette nouvelle question Céline, d'accepter, et on va parler maintenant d'accepter aussi que son corps change, on arrive à des périodes de nos vies, quand on vieillit, autour de 40 ans, un peu avant, un peu après, on parle de ménopause, qu'est-ce que tu peux nous dire justement sur la ménopause, sur ce qui se passe en nous, sur tout ce que ça induit, et encore une fois, on va parler aussi d'écoute de soi, et de tous ces petits tips qu'on peut mettre en place pour passer en tout cas cette ménopause dans les meilleures conditions parce que ce n'est pas forcément quelque chose qui doit mal se passer.

Totalement. La ménopause, j'ai envie de dire que, si avoir ces règles, ces tabous, au moment de la puberté, ne plus les avoir au moment de la ménopause, ça l'est tout autant. Même si, on en parle de plus en plus, effectivement.

La ménopause, c'est la cessation de la période de fertilité de la femme, mais je rassure les personnes qui nous regardent, ce n'est pas la fin de la vie de la femme. Vous savez, il faut aussi distinguer la fertilité de la féminité, ce sont deux choses qui sont complètement différentes, et pourtant, il y a beaucoup de femmes qui vont associer les deux, et qui, à partir du moment où elles vont être ménoposées, ne vont plus se sentir femmes. Or, on peut être femme autrement que par la fertilité.

Néanmoins, ce qui va se passer, et tu le rappelais, c'est qu'à partir de 35-40 ans, effectivement, notre réserve ovarienne va commencer à s'épuiser. Et on va avoir la progestérone qui va commencer à baisser, alors que les oestrogènes vont plutôt se maintenir, pendant un petit moment. Et cette progestérone, je l'expliquais tout à l'heure, c'est une hormone qui est produite au moment de l'ovulation.

Elle a un effet apaisant, relaxant. Donc, vers 40 ans, c'est à peu près une femme sur deux qui déclare avoir des troubles du sommeil, ou un sommeil qui va être beaucoup moins réparateur, ou qui va se sentir beaucoup plus perméable au stress et à l'anxiété. C'est parce que cette progestérone, elle commence à baisser.

Et puis ensuite, on va avoir les oestrogènes qui vont commencer à baisser. Les oestrogènes, alors eux, ils vont jouer sur beaucoup de choses, sur la qualité de la peau, sur l'hydratation, et ils vont jouer aussi un rôle important sur le capital osseux, sur le cœur. Donc c'est aussi pour ça qu'au moment de la ménopause, il y a des risques qui se mettent en place, notamment le risque cardiovasculaire.

Les femmes, tout au long de leur vie reproductive, vont être plutôt protégées. Mais au moment de la ménopause, le niveau des problématiques cardiovasculaires va rattraper le niveau de celui des hommes. Et, pas de chance, nous, on va avoir des symptômes qui sont complètement différents de ceux des hommes, en tout cas pour les maladies cardiaques.

Or, il y a encore beaucoup de médecins qui ignorent que les femmes ont des symptômes différents. Donc ça, c'est un red flag, effectivement. Mais en tout cas, voilà.

Donc on va avoir les règles qui vont cesser. Ça va entraîner un certain nombre de troubles liés à la baisse de ces hormones. Alors le symptôme le plus caractéristique de la ménopause, c'est bien sûr ces fameuses bouffées de chaleur qui peuvent survenir n'importe quand, n'importe où, qui durent plus ou moins longtemps.

Les femmes qui les découvrent se demandent ce que c'est, ont peur, souvent. Ça peut arriver la nuit aussi, on les appelle les sueurs nocturnes. Il peut y avoir aussi un impact sur le cerveau, puisque les hormones elles jouent aussi sur le cerveau, donc brouillard mental, confusion, trouble de la mémoire, impression de fonctionner au ralenti.

Donc là, pareil, on se pose des questions. Est-ce que c'est Alzheimer ? Qu'est-ce qui m'arrive ? Il y a vraiment énormément de symptômes. Chaque femme ne va pas présenter le même tableau.

Il y a certaines femmes pour qui la ménopause va très bien se passer, d'autres pour qui ça peut être effectivement un petit peu embêtant, tous ces symptômes. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'il y a pas mal de choses qu'on peut mettre en place. Alors déjà, j'ai envie de te demander pourquoi certaines femmes ont beaucoup de symptômes et pourquoi d'autres n'en ont pas ? Ou très peu ? Je pense qu'il y a une question de génétique.

Donc ça peut être intéressant de demander à sa maman, si on a la possibilité de le faire, bien sûr. Déjà, à quel âge elle a été ménopausée ? Comment la ménopause s'est passée pour elle ? Ça, c'est important parce que souvent, on retrouve quand même une composante un petit peu génétique, en tout cas sur l'âge et la sévérité des symptômes. Et puis ensuite, il y a une chose qui va influencer un petit peu la sévérité des symptômes, ça va être le poids, en tout cas la masse grasse.

Je m'explique. En fait, vers 40 ans, 40-45 ans, la chute effectivement des oestrogènes et l'augmentation de la FSH va redistribuer les graisses corporelles. On va avoir tendance à stocker beaucoup plus au niveau du ventre, d'accord ? Et ça, il y a, si vous voulez, un but de la nature derrière.

Je m'explique. En fait, le tissu gras, le tissu adipeux a la propriété de produire des oestrogènes à partir des hormones mâles, les fameuses androgènes dont on parlait tout à l'heure dans le cadre du SOPK, via une enzyme qu'on appelle l'aromatase. Donc en fait, le corps cherche à ce que vous ne manquiez de rien, parce que votre production d'oestrogènes au niveau des ovaires s'arrête, et donc il cherche un relais.

Et donc le relais, c'est via le tissu adipeux. Donc déjà, ça c'est important de le comprendre. Ainsi, une femme un peu ronde aura probablement un peu moins de symptômes et de bouffée de chaleur qu'une femme très mince qui n'a pas de masse grasse.

Ça c'est quelque chose qu'on remarque beaucoup. Pareil pour le terrain sec, vous avez des femmes qui vont avoir une grosse sécheresse cutanée, mais ça peut être aussi la sécheresse des muqueuses, donc la bouche, les yeux, la muqueuse vaginale bien sûr. Souvent, c'est quelque chose qu'on va retrouver chez des femmes plutôt très minces, qu'on retrouvera un petit peu moins chez les femmes plus rondes, parce qu'elles vont avoir naturellement tendance à produire un petit peu plus effectivement d'oestrogènes, et les oestrogènes, elles permettent aussi une bonne hydratation des tissus.

Donc voilà, il y a le côté génétique, et puis il y a ce côté aussi un petit peu physiologique, physionomie. On n'est pas toutes logées à la même enseigne, et donc il faut savoir aussi accepter ça, et puis en fonction, utiliser les outils à sa disposition. Céline, la question qui me vient, parce que ça me paraît quand même essentiel, tu sais, on en a déjà parlé ensemble depuis le début de notre interview, on parle beaucoup aujourd'hui de sédentarité, est-ce que notre vie passée, c'est-à-dire le sport qu'on a fait entre guillemets, la vie active qu'on a eue, a un impact sur les symptômes de la ménopause ? Si on a été par exemple une très grande sportive, on a beaucoup bougé au cours de sa vie, est-ce qu'à ce moment-là les symptômes sont moindres, ou est-ce qu'il n'y a aucune corrélation ? Alors, il y a deux choses, j'aime bien ta question parce que du coup, elle me permet de placer, on va dire, une petite maxime que j'aime beaucoup, c'est que, de manière générale, dans la vie, on finit toujours par payer l'addition.

C'est vrai. Que ce soit de certains excès qu'on a pu faire, que ce soit alimentaire, au niveau de l'alcool, au niveau du stress, mais aussi des fois un petit peu des actions, des pensées qu'on peut avoir envers les autres. Alors déjà, c'est important effectivement de comprendre que ce qu'on met dans son assiette aujourd'hui, ce qu'on va faire en termes d'activité, c'est pour nous demain, c'est pour bien vieillir, c'est pour mieux vivre.

Donc ça, c'est important. Ensuite, sur le côté activité physique, mobilité, effectivement, c'est très important. Pourquoi ? Parce qu'au moment de la ménopause, on va avoir deux choses.

La première, c'est une fonte de la masse musculaire. Donc là encore, sous l'action des oestrogènes, le muscle va moins bien se constituer, se réparer, et puis il va y avoir un impact aussi sur les os. Et donc, quand on n'a pas de muscles, ou qu'ils ne sont pas assez puissants, pas assez développés, quand on va vieillir, ça peut entraîner un risque de chute.

Et quand on chute, si les os sont fragiles, on peut se faire une fracture. Donc ça, c'est des choses aussi qui sont très courantes. Vers 55-60 ans, et puis derrière, vous pouvez vous retrouver immobilisé.

Donc la fonte musculaire, elle s'accélère, et puis on rentre comme ça dans un cercle vicieux. Donc, travailler sa capacité musculaire, c'est important pour deux choses. Effectivement, bien vieillir, vieillir en santé, rester autonome, mais aussi, parce que le muscle, c'est un tissu métabolique qui consomme des calories.

Et donc, si on veut aussi garder un poids stable, et bien c'est très important de venir travailler les muscles. Et là aussi, si vous prenez deux femmes qui font exactement le même poids, mais qui n'ont pas le même taux de masse grasse et de muscles, elles vont avoir deux silhouettes complètement différentes. Alors, poids et taille équivalentes, j'ai oublié la taille, mais... Et ça aussi, c'est important, parce que des fois, on va peser plus lourd sur la balance, parce qu'on a plus de muscles, mais on va avoir une silhouette qui va être beaucoup plus jolie.

Donc, c'est très important, et d'autant plus que, quand on fait du sport, on produit des endorphines et de la dopamine, qui est ce neurotransmetteur, effectivement, de l'entrain, de la motivation. Et donc, ça joue aussi sur, et bien, le cérébral. Et donc, c'est très important du coup, de se mettre au sport, en tout cas, d'essayer, si on n'en a pas fait avant, de s'y mettre au moment de la ménopause.

Alors, est-ce que tu as des petits tips, maintenant, à nous partager, parce que c'est ton univers, ton domaine, pour disons, apaiser les symptômes ? Je prends un au pif, qui est le plus gros, le plus important, dont on parle le plus, tu l'as dit, ce sont les bouffées de chaleur. Qu'est-ce qu'on peut faire pour atténuer ces bouffées de chaleur ? Est-ce que tu as des petites solutions pour nous ? Alors, les bouffées de chaleur, c'est un sujet que j'aime beaucoup, parce que moi, je propose toujours un exercice à mes consultantes, et donc, je vais vous le partager avec vous. L'idée, ça va être de tenir un journal de vos bouffées de chaleur sur une dizaine de jours.

Vous prenez une feuille, ou un Excel, ce que vous voulez comme support, votre agenda, peu importe, et vous allez noter le moment auquel apparaissent ces bouffées de chaleur, leur intensité, vous utilisez un code, une note de 1 à 10, ou de 1 à 20, ou de 1 à 5, peu importe, ce qui vous convient, et puis, le temps qu'elle va durer. Première chose, et vous allez aussi noter et consigner ce que vous mangez, ce que vous buvez, les heures aussi, voilà, et puis toute situation stressante qui peut se dérouler au cours de votre journée. Donc, vous faites ça pendant 10 jours, sans rien analyser, vraiment très factuel, vous notez.

Au bout de 10 jours, vous vous posez, avec une petite tasse de thé, ou ce que vous voulez, vous reprenez votre petit cahier, et vous allez essayer d'analyser. Tiens, ce matin-là, j'avais pris un café. J'ai eu une bouffée de chaleur une heure après.

Tiens, ce midi-là, avec le bureau, on est allés manger indien, et j'ai mangé un curry, peut-être un peu trop épicé. Et puis, comme ça, vous allez mettre le doigt sur vos déclencheurs, parce qu'il y a un certain nombre de déclencheurs, là aussi, qui sont propres à chaque femme. Parmi les déclencheurs qu'on retrouve le plus souvent, il y a le café, ou le thé.

On va retrouver le sucre, on va retrouver l'alcool, on va retrouver les plats chauds, les plats épicés. Pour les principaux déclencheurs, c'est cela. Après, vous en avez peut-être aussi d'autres.

Ça peut être votre patron qui vous stresse, et qui vient vers vous. Voyez, là, c'est un petit peu plus compliqué à éviter, mais en tout cas, faites ce travail, parce que ça vous permet déjà de voir un petit peu ce que vous pouvez éviter. D'accord ? Et encore une fois, ça, c'est à la portée de tout le monde.

Ça, c'est super important. Après, l'idée, ça va être effectivement d'éviter ces déclencheurs. Ou alors, vous êtes invité, vous savez que l'alcool va vous déclencher des sueurs nocturnes toute la nuit si vous busez un verre.

Bon, vous acceptez de le prendre, parce que, bon, voilà, ça fait partie d'un petit plaisir de la vie, c'est une bonne bouteille, vous aimez bien, mais vous le faites en conscience. Ce qui fait que vous n'allez plus subir, même si vous allez quand même avoir cette bouffée chaleure, ou ces sueurs nocturnes, vous savez que, bon, voilà, vous allez en avoir une, mais vous avez la main dessus, vous êtes proactif. Donc, ça, c'est le premier point.

Et ensuite, pour ces bouffées de chaleur, il va y avoir des outils, effectivement, qu'on va pouvoir mettre en place aussi. La respiration, là aussi, il y a des techniques de respiration qui permettent de limiter la durée des bouffées de chaleur. Ça peut être aussi des petites astuces, s'habiller par couche.

C'est-à-dire, on va avoir un T-shirt, un gilet, une veste, et puis, dès qu'on le sent arriver, on commence à se découvrir. Donc, ça, c'est les petites astuces du quotidien. Il va y avoir certaines plantes, certaines formulations de compléments alimentaires qui peuvent être intéressantes, mais là aussi, ça va dépendre du terrain.

Parce que je vais vous reprendre l'exemple du terrain sec de tout à l'heure. Souvent, pour les femmes, les bouffées de chaleur, on peut conseiller de la sauge. La sauge sclare, qui est une plante qui accompagne les femmes depuis très longtemps.

Mais si vous donnez de la sauge à une femme qui a un terrain sec, eh bien, ça va aggraver le problème. Donc, là aussi, deux femmes qui ont les mêmes symptômes ne vont pas forcément être de bonnes candidates pour la même plante. Et là aussi, ça suppose d'avoir un praticien qui va savoir tout ça et vous orienter vers la bonne plante.

Donc ça, c'est très important, effectivement, et à quel point on est chacune unique, c'est super important de le garder en tête et, comme tu le disais, se faire accompagner, ça reste primordial. Est-ce qu'un gynécologue a toutes ces compétences aussi ? On revient dans ce que tu disais tout à l'heure, dans un parcours de complémentarité avec le médecin-gynécologue et des naturopathes qui vont pouvoir trouver une balance ? Alors, déjà, ce qu'il faut savoir, c'est que médecin ou gynécologue, déjà, tout ce que je viens de vous raconter sur la santé des femmes, ce n'est pas des choses qui sont enseignées dans le cursus. Il faut savoir que la ménopause, même dans un parcours de gynécologue, c'est 3-4 heures, pas plus, et ça consiste justement sur, comment dire, la prescription du traitement hormonal de la ménopause.

Ils n'ont pas d'autres outils à leur disposition. Sauf que maintenant, face à l'essor, effectivement, du sujet de la santé féminine qui explose, il y a beaucoup de gynéco aussi qui viennent se former à nos pratiques, mais ils ne vont pas forcément le dire, parce que la naturopathie n'a pas bonne presse ou qu'il y a eu, voilà, des scandales dans le passé, etc. Mais, aujourd'hui, quand vous regardez sur les réseaux sociaux, quand vous avez des médecins, des gynécologues qui vous parlent d'approche holistique, l'approche holistique, c'est de la nature, l'approche médicale est antisymptomatique, donc c'est tout le contraire de l'autistique.

Et donc, du coup, il y en a certains, certaines, effectivement, qui vont être un petit peu branchées sur les mêmes ondes que nous, et en tout cas, qui vont intégrer un peu de naturopathie dans leurs consultations, mais ça reste souvent dans un cadre antisymptomatique, et ils vont donner la même prescription de complément alimentaire à toutes les femmes. Ils ne vont pas avoir, justement, cette finesse d'analyse que nous, on peut avoir, et qui fait vraiment partie intégrale de notre cursus de formation. Et ça, je crois que c'est vraiment important de le comprendre.

C'est ce qui explique, d'ailleurs, que vous avez certains compléments alimentaires qui fonctionnent très bien chez certaines femmes, et puis, pour d'autres, chez qui ça va aggraver les symptômes. C'est pas juste une vision de l'esprit, c'est, encore une fois, il y a une vraie, il y a le terrain, en fait, de la personne derrière, qui va conditionner la réponse aux actifs, la réponse aux nutriments ou aux plantes qui sont présentes dans le complément. Et ça, c'est super important, parce qu'on approche les compléments alimentaires de la même façon que les médicaments, c'est-à-dire faire de l'antisymptomatique.

Mais, dans les faits, c'est beaucoup plus subtil que ça. Donc, moi, je rêve, et je pense que je suis pas la seule, effectivement, qu'un jour notre métier soit enfin reconnu et qu'on puisse travailler, effectivement, à côté des professionnels de santé, parce que je pense qu'on a vraiment contribué à l'émergence et l'explosion de ce sujet de la santé féminine sur les réseaux. Et que, sur les réseaux et dans la société, de manière générale, et qu'on a beaucoup de choses à apporter.

Néanmoins, voilà, notre travail est toujours un petit peu minimisé, et c'est bien dommage. Bon, en tout cas, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner. On le redit, mais on est chacune unique.

Donc, allez trouver aussi le programme, la méthode, les plantes, la routine, le programme qui vous convient à vous, c'est très important. Céline, je t'embarque vers notre dernier sujet, notre dernier focus du jour. Alors, on va parler de la fibromyalgie.

Explique-nous ce que c'est, s'il te plaît. Alors, la fibromyalgie, c'est, on va dire, un trouble de la sensibilisation centrale. Donc, on revient, effectivement, au système nerveux, dans lequel, dans cette fibromyalgie, on va retrouver une amplification des signaux douloureux.

Donc, souvent, ça va être, effectivement, de la douleur. On va retrouver, souvent, une altération des neurotransmetteurs. Donc, dopamine, sérotonine, donc, du coup, avec une grosse perméabilité au stress, à l'anxiété, la dépression.

En fait, on va avoir une sorte de dérégulation du système nerveux. Donc, c'est une problématique dans laquelle il va falloir prendre en charge la douleur, et pas seulement la fatigue chronique, comme je disais un petit peu, la dépression. Alors, on ne connaît pas trop l'origine de cette fibromyalgie, mais on se rend compte qu'elle a potentiellement un lien avec le système hormonal et notamment les fluctuations hormonales des oestrogènes qui vont pouvoir influencer la perception de la douleur, mais aussi la qualité du sommeil, la régulation émotionnelle, ce qui explique que la fibromyalgie est une problématique essentiellement féminine, en fait.

Donc, on la retrouve beaucoup chez les femmes, assez peu chez les hommes. Et alors, comment on va pouvoir faire la différence entre la fibromyalgie et autre chose, parce que ça a l'air tellement complexe ? On peut se dire juste, je suis dépressive. Alors, oui, on pourrait se dire ça, et le symptôme de la fibromyalgie est aussi très compliqué, le diagnostic, pardon, de la fibromyalgie est aussi très compliqué à poser, parce qu'encore une fois, il n'y a pas de test, il n'y a pas de marqueur.

Donc, c'est plutôt un diagnostic d'exclusion. Et il y a aussi pas mal de problématiques de reconnaissance même de la fibromyalgie aujourd'hui. C'est-à-dire qu'effectivement, souvent, c'est un peu, comment dire, c'est souvent très mal perçu, en fait, sur le plan aussi médical.

Donc, pour répondre à ta question sur comment faire la différence avec une dépression, alors il y a là aussi des analyses biologiques qui peuvent être faites. Il y a aussi des questionnaires qu'on utilise avec des scorings pour aller vérifier un petit peu potentiellement l'implication des neurotransmetteurs, donc pour voir un petit peu est-ce qu'on est vraiment dépressif ou pas. Encore une fois, quand on a des neurotransmetteurs en baisse, premier réflexe, c'est d'aller voir si dans l'alimentation on a bien toutes les briques pour fabriquer ces neurotransmetteurs.

Et, par exemple, je vais vous donner un petit tip aussi très concret, quand on manque de dopamine. Donc, encore une fois, la dopamine, c'est un neurotransmetteur qui est responsable de l'entrain, de la motivation. Donc, quand on manque de dopamine, en général, on a du mal à se réveiller le matin, on a du mal à démarrer, on a des trous de mémoire, on a l'impression de fonctionner au ralenti.

C'est typiquement le genre de personne qui sait ce qu'elle doit faire, mais qui ne passe pas à l'action. En fait, on regarde le train passer et puis, voilà. Donc, la dopamine, pour être bien synthétisée, il lui faut de la thyrosine.

La thyrosine, il en faut aussi pour la thyroïde. Ça commence pareil. Et donc, cette thyrosine, c'est un acide aminé qu'on va retrouver dans les protéines.

Si la protéine est un mur, les acides aminés, ce sont les briques qui constituent le mur. Ça, c'est super important, pareil, pour retenir. Et donc, il va falloir manger assez de protéines.

Or, quand on regarde dans l'alimentation des femmes, de manière générale, les femmes ne consomment pas assez de protéines. Or, les protéines, encore une fois, on en a aussi besoin pour les muscles. C'est super important.

Et donc, le petit tip que je voudrais vous donner, si vous pensez manquer de dopamine, ça peut être de remplacer votre petit déjeuner sucré par un petit déjeuner gras, salé, protéiné. Et en général, au bout de 10 jours, on voit vraiment la différence. Et pour reparler de cette fibre myalgie, comment elle apparaît ? À quel moment ? Est-ce qu'il y a un âge ? Pas d'âge ? Alors, à ma connaissance, elle peut apparaître à tout âge.

Néanmoins, effectivement, il peut y avoir des déclencheurs. Donc, ça peut être des stress intenses ou, effectivement, des périodes de chamboulement hormonal. On en voit beaucoup en post-recesse ou, effectivement, liées à des problématiques endométriose, SOPK, notamment, aussi au moment de la ménopause.

Donc, encore une fois, il y a probablement l'implication des hormones et notamment des oestrogènes, puisqu'on remarque cette prévalence de la fibre myalgie chez les femmes. Ce qui est sûr, c'est que le système nerveux, là encore, est impliqué. On en parlait tout à l'heure quand on parlait endométriose, SOPK, ménopause aussi.

Mais, encore une fois, système nerveux et système hormonal sont intimement liés. Donc, un chamboulement hormonal peut avoir pour cause et ou conséquence une implication du système nerveux et vice-versa. D'où l'importance, toujours, de bien prendre les deux en charge en même temps.

Dans la fibre myalgie, c'est vrai que la première réponse qu'on va pouvoir apporter, ça va être de travailler sur cette régulation du système nerveux autonome, d'améliorer le sommeil aussi, d'avoir ce soutien des neurotransmetteurs et puis de mettre en place une activité physique adaptée. Parce que, là encore, on peut se dire j'ai mal, j'ai des douleurs, donc je ne peux pas bouger, je ne peux pas passer à l'action. Ce serait une grossière erreur.

Il faut trouver une activité adaptée, parce que ça va aussi permettre de débloquer la situation. Donc, c'est une approche qui doit vraiment être progressive, et là encore, multidimensionnelle. Il faut vraiment travailler sur tous ces piliers.

Et du coup, je trouve que c'est très important Céline, ce que tu dis, quand on parle d'activité physique adaptée, sachez qu'il y a des professionnels en activité physique adaptée, donc qui vous concoctent des programmes qui sont vraiment adaptés à vous, votre situation, votre silhouette, votre moment de vie. Et ça, c'est important de le souligner, parce qu'on n'est pas en train de dire choisissez un yoga doux, ou un pilates pendant une demi-heure au lieu d'une heure. Non, l'activité physique adaptée, c'est un vrai programme adapté à chacun, et ça, je pense que c'est une vraie belle réponse aussi, pour pouvoir commencer à aller mieux et à mettre un pied devant.

Alors, c'est extrêmement vrai, et je ne sais pas si tu vois ce petit diplôme qui est là-bas derrière moi, mais justement, moi, j'ai entrepris l'année dernière une formation justement pour adapter l'activité physique des femmes de 40 ans. Alors, je précise que ça ne fait pas de moi une coach sportive, ça c'est super important aussi de ne pas prétendre être, en tout cas, une fonction ou quelque chose qu'on n'est pas, donc moi je ne suis pas coach sportive, néanmoins, cette formation me permet d'adapter et de conseiller les femmes de plus de 40 ans. Pourquoi plus de 40 ans, là aussi, parce que la faiblesse musculaire, mais on peut aussi avoir des problématiques de périnée, notamment descendre d'organes, qui est une problématique aussi qui survient beaucoup à passer 40-45 ans selon que, voilà, vous avez eu une, deux, trois grossesses, et comment s'est passé votre accouchement, et ça c'est souvent un frein pour les femmes pour reprendre une activité physique et sportive, parce qu'elles se disent qu'elles vont aggraver leur situation si elles ont un périnée un petit peu faiblard.

Or, l'idée c'est qu'il y a toujours moyen, à partir d'un exercice, de l'adapter pour pouvoir ressentir et faire l'exercice, mais voilà, en mettant moins de charge, en mettant des petites briques pour surélever les bras, c'est comme pour le yoga, il y a toujours moyen, effectivement, d'adapter les choses. Donc ça c'est super important ce que tu dis, parce que même quand on pense ne pas avoir la capacité de bouger, de faire l'exercice, et bien il y a des professionnels dont c'est le métier d'adapter les choses pour que vous puissiez faire en fonction de votre niveau, de vos capacités. Et ça Céline, je trouve que c'est essentiel qu'on en parle parce que justement ça vous redonne confiance en vous, et c'est bien tout le sujet aussi de cette interview, c'est à la fois écoutez-vous, retrouvez votre pouvoir intérieur, trouvez les solutions qui vous conviennent à vous, pas celles de votre voisine, n'écoutez personne, ressentez ce dont vous avez besoin, et retrouvez la confiance dont vous avez besoin pour aller de l'avant, puisque la vie est longue et il faut qu'elle soit belle pour tout le monde.

Céline, je te remercie d'avoir été avec nous, est-ce que tu as un dernier message à nous partager ou à transmettre, quelque chose que tu voudrais dire, un petit mot de la fin ? Eh bien, tu l'as dit dans ta conclusion, c'est la connaissance c'est le pouvoir, donc plus on s'intéresse effectivement à ces sujets, lire, suivre, lire des articles, etc., sérieux sur tous ces sujets, et plus vous allez comprendre les choses, et vous allez aussi devenir un petit peu autonome pour gérer tout ça, et puis être à l'écoute bien sûr, de ces ressentis. Et puis, si je peux rajouter une dernière chose, c'est de ne pas sous-estimer le pouvoir de l'alimentation et de l'hygiène de vie sur vos problématiques, c'est par là qu'il faut commencer, alors que souvent, on y vient en dernier recours, commencez par là et vous verrez que les choses vont aller mieux très très vite, voilà. Céline, je te remercie encore une fois d'avoir été avec nous, ça a été un plaisir de t'avoir, de pouvoir profiter de ton expérience.

On peut retrouver tes livres à peu près partout, on va mettre tous tes renseignements en dessous de cette vidéo, donc je te dis merci encore une fois et à bientôt ! Merci Estelle, à bientôt !

Ces contenus ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

Dans le numéro 7

Juillet 2026

Le numéro
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avec Céline Hovette, et sur le même sujet