Marion Kaplan validé

Ballonnements, fatigue, stress : et si tout venait du ventre ?

Fatigue persistante, ventre gonflé, moral en berne, brouillard mental, stress continu… Et si ces signaux, que l’on traite séparément, avaient en réalité une cause commune ? Pour Marion Kaplan, naturopathe fonctionnelle depuis plus de 40 ans, « toute maladie commence dans l’intestin ». Le ventre, longtemps réduit à sa fonction digestive, serait en réalité le centre nerveux, immunitaire et émotionnel le plus déterminant du corps. Quand il se dérègle, tout vacille. C’est ce qu’elle explique dans son dernier ouvrage, « Symbiotique », publié aux éditions Souccar.

Le ventre, chef d’orchestre oublié

« Si vous n’avez pas un bon microbiote, vous allez galérer sur tous les plans, qu’ils soient physiques, émotionnels ou neurologiques », explique Marion Kaplan. Pour elle, l’intestin est « le cuisinier de nos cellules, le cuisinier de notre vie ». Elle insiste : « Sans microbiote, rien ne va. »

Elle cite Hippocrate, médecin de génie qui disait, il y a 2500 ans : « Que ton aliment soit ton médicament » et « Toute maladie commence dans l’intestin. L’Occident l’a complètement oublié. » La naturopathe rappelle que 80 % du système immunitaire se trouve dans l’intestin, et que ce microbiote constitue « un écosystème vivant qu’il faut nourrir, protéger et respecter ».

Son propre parcours explique son combat. « Née par césarienne en février 1956, nourrie au lait de vache et gavée d’antibiotiques : je n’ai pas eu la chance d’avoir un bon microbiote. J’étais ballonnée, tout le temps fatiguée. À l'époque, on aimait les bébés cadum, donc on donnait du lait concentré sucré, des bonbons. Le sucre était quelque chose qui, croyait-on, donnait de l’énergie. J’étais intransportable en voiture tellement j’avais mal au coeur, je devais avoir un foie gras. Mais dans les années 50, il n’y avait pas encore de pesticides comme aujourd'hui. Et les aliments ultra transformés n'existaient pas ! » Elle évoque même de pénibles souvenirs d’enfance : « J’étais constipée pendant dix jours, assise sur le pot pendant des heures. »

Cette fragilité, raconte-t-elle, a façonné son chemin. « Plus je mangeais de légumes, plus j’étais constipée », explique-t-elle, décrivant l’incompréhension et l’errance. Ce n’est qu’en découvrant le rôle du microbiote qu’elle comprend enfin. « Le ventre commande tout. Le microbiote commande tout. J'ai eu une péritonite aiguë à 10 ans. Tu sais que ton appendice est ton réservoir de bonnes bactéries commensales. Si tu as pris des antibiotiques, elle permet de recoloniser l’intestin. Mais quand t'as plus ça, tu dois réensemencer en permanence ton intestin. »

Hyperperméabilité intestinale : l’inflammation qui épuise

Au cœur de son discours, revient un mot : leaky gut, ou hyperperméabilité intestinale. « 80 % de la population a un intestin qui fuit », cite-t-elle d’après le Dr Steven Gundry. Lorsque la muqueuse intestinale s’ouvre, « des fragments alimentaires, des toxines et des bactéries passent dans le sang. Le système immunitaire s’affole et l’inflammation devient chronique. »

Pour Marion Kaplan, cette inflammation silencieuse explique une grande partie des symptômes modernes : fatigue, douleurs diffuses, baisse d’énergie, nervosité, hypersensibilité et impression de “penser au ralenti”. Elle martèle : « Quand on est fatigué, c’est qu’il y a un problème à régler au niveau du microbiote. »

Elle établit un lien direct entre intestin et mitochondries : « Les mitochondries sont en interaction totale avec votre microbiote. Si votre microbiote va mal, vos mitochondries vont mal. » Ces mitochondries sont « les centrales énergétiques du corps », et leur épuisement mènerait à « la fatigue chronique, la dépression et la perte d’élan vital. On sait aujourd’hui que le cancer est non seulement une maladie métabolique, mais surtout une maladie mitochondriale. ».

Elle va plus loin et relie hyperperméabilité à auto-immunité : « Un intestin perméable ouvre la porte aux maladies auto-immunes : c’est votre immunité qui se retourne contre vous. » Selon elle, la médecine actuelle refuse d’aborder le problème par le ventre, « alors que tout part de là !».

Dysbiose, SIBO et brouillard mental : quand le ventre commande le moral

Lorsque les mauvaises bactéries prennent le dessus, c’est la dysbiose. Marion Kaplan les appelle « racaille » : « Quand il n’y a plus de bonnes bactéries, la racaille s’installe. » Elle décrit « les ballonnements, les gaz, le brouillard mental, la lourdeur après chaque repas, la déprime, l’impression de vivre derrière une vitre… ». Et ajoute : « Un intestin en dysbiose, c’est un cerveau en détresse. »

Le ventre abrite 200 millions de neurones et fabrique une grande partie de la sérotonine, « l’hormone du bonheur ». Ainsi, dit-elle, « le ventre fabrique vos émotions. » Selon elle, on cherche des causes psychologiques au stress, à la fatigue et à la tristesse, « alors que c’est souvent biologique : c’est l’intestin qui crie au secours. »

Le sucre, le gluten et les ennemis de la muqueuse

Marion Kaplan insiste : les causes de l’inflammation intestinale sont bien connues : sucre, gluten, lectines, pesticides, aliments ultra-transformés, huiles raffinées, antibiotiques et stress chronique.

Elle est catégorique sur le sucre. Il est responsable de la résistance à l’insuline, des fringales, de la fatigue et des variations émotionnelles. Elle explique que chaque pic glycémique dû à l’ingestion de sucre « fatigue le pancréas, enflamme l’intestin et épuise le corps ».

Le gluten, lui, est associé aux lectines : « Elles se déguisent, passent la barrière intestinale et déclenchent l’auto-immunité. » Selon elle, « il n’y a pas de bon gluten ». D’autant qu’on en trouve partout, y compris dans le chocolat ou la mayonnaise… Dans son livre, Marion dit même que nous sommes « tous drogués au gluten : Quand il se dégrade dans votre estomac, le gluten forme des composés qui se lient à des récepteurs morphiniques dans le cerveau ! »

Un organe sensoriel à réhabiliter

La spécialiste martèle que l’intestin n’est pas un tube, mais un organe sensible : « Le ventre parle. Les ballonnements, les gaz, la lourdeur, ce sont des cris d’alarme. » Elle rappelle que l’intestin est le deuxième cerveau. « On ne regarde jamais le ventre, alors que c’est l’organe le plus intelligent du corps. » Elle dénonce « une médecine qui pose des pansements sur les symptômes » au lieu de soigner « la racine : le microbiote ».

Sucre, pesticides, plastiques et oxalates : les nouveaux ennemis du ventre

Pour Marion Kaplan, si nos intestins souffrent aujourd’hui, ce n’est pas seulement à cause d’erreurs alimentaires individuelles, mais d’un environnement global devenu hostile au microbiote. Elle décrit un « empoisonnement du quotidien » alimenté par trois facteurs majeurs : le sucre, les substances chimiques et les anti-nutriments végétaux.

Le sucre arrive en tête. « Le sucre, c’est totalement toxique », affirme-t-elle. Non seulement il favorise la perméabilité intestinale, mais il dérègle aussi l’insuline, épuisant l’organisme et détruisant la stabilité émotionnelle. Et, mauvaise nouvelle, le sucre, ce n’est pas uniquement les confiseries ! « C’est vos pommes de terre, votre pain, vos fruits, votre pizza, vos petits biscuits, vos boissons sucrées, votre bière etc. Quand vous devenez résistant à l’insuline et que le diabète s’installe, c’est l’horreur ! On est en hypertension, on devient aveugle, on te coupe un pied, tu cicatrises plus… Tout ça à cause du susucre. »

Très remontée contre le passéisme des autorités, la nutritionniste lance l’alerte : « Il y a une obésité qui galope dans le monde entier. Les Chinois, qui étaient minces, sont les premiers au monde à être diabétiques et obèses, en deuxième c'est l'Inde, en troisième seulement les États-Unis. Et nous, on suit la pente. A cause des effets de mode sur la nourriture. On voit les adolescents avec les bubble tea par exemple. C'est la boisson à la mode, on veut se faire plaisir, mais il y a une alerte à faire. Je sais que les gens qui nous écoutent ont déjà fait la démarche, mais faites écouter cette vidéo à des gens qui ne sont pas forcément connectés et ça peut peut-être créer une petite étincelle chez eux ! On n'a qu'une vie, qu'un corps. Il y a des milliers de tonnes d'aliments qui vont traverser votre corps, par votre bouche, votre estomac en passant par votre foie, vos intestins, votre pancréas, et cetera. Votre tube digestif va s’user. Mais si vous le massacrez avec du soda sucré, bourré de fructose qui vous donne du foie gras, avec des aliments ultra transformés qui ont zéro nutriment et qui vont fatiguer votre organisme, qui en plus vont perméabiliser votre intestin et qui ne donnent pas de nourriture à votre microbiote… C'est une alimentation totalement toxique, un vrai gâchis. Si vous voulez faire plaisir, vous mangez des chips et vous les recrachez, que ça n’aille pas plus loin que votre bouche ! Moi c'est ce que je fais quand j'ai envie d'un truc, parce que j'avais le bec sucré. Je prend un petit morceau, je mastique et je le recrache ! »

Dans la catégorie des empoisonneurs du quotidien, viennent ensuite les lectines, dont le fameux gluten et les oxalates. « Les lectines se déguisent pour passer la barrière intestinale », dit-elle, les rendant responsables d’un grand nombre de réactions auto-immunes. Quant aux oxalates, elle les décrit comme des « anti-nutriments capables d’empêcher la guérison » et même d’entretenir des douleurs, inflammations et troubles digestifs sur le long terme.

À ces facteurs nutritionnels s’ajoutent les toxiques environnementaux. « On empoisonne littéralement tout notre environnement », déplore-t-elle, citant PFAS, pesticides, métaux lourds, glyphosate et microplastiques. L’eau du robinet est, selon elle, un problème majeur : « L’eau du robinet est impropre à la consommation. Elle contient des hormones, du chlore, des PFAS… » Elle souligne que même l’eau de pluie est désormais contaminée. Résultat, dit-elle : l’intestin est agressé « tous les jours, à tous les niveaux ».

L’empoisonnement aux pesticides n’est pas non plus à prendre à la légère : « Le glyphosate a un effet sur la flore. C'est cancérigène, c'est bactéricide, il tue les bactéries de l’intestin, il tue notre microbiote. Le glyphosate est un produit dangereux qui devrait être interdit définitivement ! ».

Marion Kaplan souligne également le rôle des oxalates, parfois ignoré : « Les oxalates, qu’on trouve dans certains végétaux comme l’oseille, les épinards mais aussi les amandes, sont des anti-nutriments qui s’accumulent et empêchent la guérison. Ils peuvent fortement perturber l’intestin. »

Marion Kaplan relie ces intoxications à l’explosion des maladies modernes, y compris la résistance à l’insuline. « Le sucre, les huiles raffinées et les toxiques rendent le corps résistant à l’insuline », explique-t-elle. La boucle est simple : le ventre s’enflamme, les mitochondries s’épuisent, l’énergie chute, l’humeur s’effondre.

Réparer l’intestin, réparer la vie : le plan en quatre temps

Face à ce constat sombre, Marion Kaplan insiste sur un point essentiel : tout peut se réparer. Et la régénération du ventre suit une stratégie claire en quatre piliers : retirer, nourrir, ensemencer, protéger.

  • Retirer les irritants Elle appelle à supprimer d’abord le sucre, les céréales à gluten, les produits ultra-transformés, les huiles raffinées et les plats industriels. « Si vous voulez aller mieux, il faut arrêter d’ajouter du poison dans votre corps. »
  • Nourrir avec des aliments tolérés L’objectif est de réduire la fermentation, d’apaiser les inflammations et d’apporter des nutriments assimilables. Elle cite les légumes vapeur, les viandes et poissons de qualité, la soupe et la salade le soir, et les fibres adaptées. Marion Kaplan insiste aussi sur la vitamine D : « Si vous manquez de vitamine D3, vous serez toujours en dysbiose. »
  • Ensemencer avec du vivant Elle défend les lactofermentations : « La choucroute crue, le kéfir, le miso, ce sont des pharmacies naturelles. » Elle affirme qu’une bactérie seule « ne suffit pas » : l’organisme a besoin d’une « symbiose, d’une colonie, d’une caravane ».
  • Protéger et cuire intelligemment La cuisson est un point central. Elle vante la vapeur douce, qui rend les aliments plus digestes et plus riches en nutriments. Elle explique que ce mode de cuisson « préserve les vitamines, les minéraux et évite les chocs digestifs ». Son message est clair : le feu doux, c’est la paix du ventre.

Pour finir, Marion Kaplan recommande l’alimentation cétogène, qui permet selon elle de « sortir du cercle infernal de l’insuline ». L’idée : réduire drastiquement les glucides pour stabiliser l’énergie, apaiser l’intestin et « laisser les mitochondries respirer ».

Reprendre la souveraineté de son ventre

Pour Marion Kaplan, l’urgence est double : reprendre la souveraineté sur son assiette et sur son ventre. L’intestin n’est pas un organe secondaire, mais « le centre névralgique de la santé, un organe intelligent qui commande l’humeur, l’énergie, l’immunité et même la joie ».

Elle conclut d’une phrase-manifeste : « Prenez soin de vous. N’attendez pas que ce soit les autres qui le fassent. » Le ventre, dit-elle, « parle le premier et souffre en silence ». Le réhabiliter, l’apaiser, le nourrir et le protéger reviendrait à changer l’issue de nombreuses maladies de société, mais aussi à restaurer un état que beaucoup croient perdu : la clarté d’esprit, la vitalité, et une paix intérieure qui commence, littéralement, au centre du corps.

Encadré :

Le vitaliseur, bien plus qu’un accessoire de cuisson

Marion Kaplan a co-inventé le vitaliseur avec l’ingénieur chimiste André Cocard et avec le physicien Guy Thieux. Cet appareil, dont les dimensions respectent la divine proportion, permet de cuire à la vapeur douce et très rapidement tous les aliments. « Il rend tout très digeste. Bien sûr, les vitamines sont intactes, les minéraux sont intacts. Il y a une petite déperdition de calcium de 10% mais toutes les vitamines sensibles à la chaleur sont intactes. Le plus incroyable, c’est le taux vibratoire ! Quel que soit l’état du produit qu’on met dans le vitaliseur, il en ressort avec un taux vibratoire de 18,6 sur l’antenne de Lécher. Le maximum ! Et ça, c'est génial. »

Portrait : Marion Kaplan est naturopathe fonctionnelle depuis plus de 40 ans. Formée par la docteure Catherine Kousmine, elle est conférencière, organisatrice de congés internationaux et auteure d’une vingtaine d’ouvrages sur la santé et l’alimentation. Elle explore les médecines alternatives et partage ses connaissances sur le site du Vitaliseur et sur sa chaîne dédiée sur Youtube, mais aussi sur Instagram et sur la chaîne Youtube de Marion Kaplan. Notre coup de coeur ? Une journée dans l’assiette de Marion Kaplan - saison été.

Son dernier livre, « Symbiotique, tempérez les maux du corps avec l’approche nutritionnelle de Marion - 21 jours pour restaurer le microbiote et faire taire l’inflammation chronique » est publié avec éditions Souccar. On y trouve dans le détail sa méthode d’alimentation santé ainsi que de nombreuses recettes simples et gourmandes.

Redactor :

Journaliste depuis plus de 20 ans, Julie Destouches est passionnée par la santé au naturel et les savoirs ancestraux. Elle partage également une vision dépoussiérée de la spiritualité sur Instagram, YouTube et en podcast avec NostraDomus.

Ces contenus ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

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Janvier 2026

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