L’art de rééquilibrer sa santé avec la sagesse tranquille de la médecine chinoise


Praticien depuis cinquante ans, Laurent Baladi porte un regard rare sur la médecine traditionnelle chinoise (MTC) : simple, concret, dénué d’exotisme, mais profondément ancré dans l’observation du vivant.

Dans cet entretien, il raconte comment l’alimentation, les émotions, les rêves et le mouvement composent une seule et même dynamique. « Les gens sont très différents les uns des autres », répète-t-il.
Et c’est pour cela qu’aucun soin ne peut être universel.
La MTC n’essaie jamais d’effacer un symptôme : elle cherche à comprendre ce qui, dans la vie de chaque personne, s’est mis à circuler de travers.
Une médecine qui écoute avant de soigner
Dans la voix de Laurent Baladi, on entend la patience de ceux qui ont passé leur vie à écouter réellement. Il se souvient qu’au début de sa pratique, « on les écoutait mal ». Trop vite. Trop superficiellement. Il dit avoir cherché à comprendre ce que les patients voulaient lui dire, non pour appliquer une technique, mais pour éviter de « passer à côté de leur véritable problème ».
La MTC lui donne alors un langage : celui des mouvements internes, du chaud, du froid, de l’humidité, des stagnations, des pouls subtils… Rien n’est séparé, jamais. Un rhume, une nervosité, une fatigue, un trouble du sommeil : tout renvoie à un déséquilibre plus profond, situé dans un organe, un climat interne, une habitude de vie.
Aliments chauds, aliments froids : la thérapie quotidienne
Dans sa pratique, un plat n’est jamais un simple repas. Chaque aliment possède une nature, une énergie, une direction, et agit comme un remède.
Ce n’est pas une croyance : c’est une observation accumulée au fil des siècles.
Ainsi, il rappelle que le poulet, très réchauffant, peut devenir nocif en cas de fièvre : « Si vous avez de la fièvre, le poulet est extrêmement mauvais… Il va augmenter l’infection ». À l’inverse, d’autres viandes sont naturellement plus fraîches : « Le canard et la dinde sont plutôt frais de nature. En médecine chinoise, on va au-delà de la volaille, chaque espèce a ses spécificités ». Même un geste quotidien comme boire du vin n’est jamais neutre. Laurent Baladi explique que « le vin, on en boit trop. Il est acide et a tendance à faire stagner le sang, donc à entraîner des caillots. Dans le cerveau, ça donne une hémiplégie, dans le sang, un infarctus… ».
Le mouvement, ce médicament invisible
Le praticien raconte ses années en Chine, où il découvre des malades répétant des exercices très précis destinés à agir sur les organes. Une gymnastique pour les poumons, une autre pour l’estomac : rien n’y est fait au hasard. « On vous dit : ça, c’est pour traiter le cancer du poumon… ça pour traiter l’estomac », se souvient-il.
Là-bas, le mouvement est considéré comme un acte médical. Ce principe irrigue toute sa pratique : un corps immobile s’encrasse. « Il ne faut jamais faire stagner une zone », insiste-t-il. La stagnation est la racine de toutes les pathologies — stagnation du sang, de l’énergie, des liquides, mais aussi stagnation émotionnelle ou mentale.
Les rêves et les émotions : la signature des organes
L’une des forces les plus étonnantes de la MTC est sa capacité à interpréter le langage du corps à travers des expressions quotidiennes ou des rêves. Laurent Baladi affirme qu’« il n’y a pas de hiatus entre les maladies psychiques et organiques ».
Un rire nerveux en fin de phrase peut trahir l’agitation du cœur. Un rêve de fuite récurrent révèle parfois un foie irrité, débordé. Un rêve où l’on vole renvoie à des troubles situés « en haut du corps », souvent du côté des poumons. Les émotions ne sont jamais flottantes : elles ont un organe d’ancrage.
L’harmonie, cet équilibre qui n’aime pas les extrêmes
Au fil de l’entretien, une règle revient constamment : la santé ne se construit jamais dans l’excès. « Jamais d’excès, ni en sport, ni en alimentation, ni ailleurs », martèle l’expert. Même les pratiques idéalisées comme le jeûne ont leurs limites : « Quand on dépasse trois ou quatre jours, c’est excessif. En Occident, on est obsédé par les toxines, on veut nettoyer mais ce qu’on fait, en réalité, c’est affaiblir les patients. Et le cancer, au départ, c’est un problème d'affaiblissement. »
Cette philosophie ramène la santé dans le quotidien : choisir un repas ajusté, bouger doucement mais régulièrement, respirer plus profondément, écouter le corps avant qu’il ne crie. Laurent Baladi rappelle enfin que, pour les anciens, « le paradis était sur Terre ».
La médecine chinoise, telle que la transmet Laurent Baladi, n’est pas un ensemble de recettes ni une méthode parallèle. C’est une manière de marcher dans le monde, d’écouter les messages du corps, de prévenir plutôt que réagir, d’habiter ses sensations avec une attention tranquille. Elle révèle que la santé n’est pas une performance, mais un ajustement permanent, un dialogue intime avec le vivant.
La recette du grog anti-refroidissement
Mettez dans une casserole d’eau froide des zestes d’agrumes bio (orange, citron, mandarine, pamplemousse… Piquants et acides, ils permettent de digérer, de faire descendre), 5 clous de girofle (réchauffent les membres inférieurs et les reins qui réchauffent l’organisme et éliminent l’eau), 3 étoiles de badiane ou anis étoilé (tonifient les reins), une cuillère à café de Fénugrec et faite bouillir au moins 10 minutes.
Puis ajoutez 1 bâton de cannelle et coupez le feu ( anti-infectieuse et antivirale, la cannelle fait transpirer et réchauffe mais si vous la faites cuire, ses alcools vont s'évaporer, elle n’aura plus d’effet). Au moment de servir, ajoutez un trait de rhum !
Le plus santé :
- Les agrumes stimulent la digestion et favorisent l’élimination.
- Le girofle et la badiane soutiennent la chaleur interne et l’énergie des reins.- La cannelle aide à réchauffer l’organisme et à déclencher une légère sudation.
Ces contenus ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.










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